‹ PhidiasChapitre 44 sur 56 · Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 3gG · texte numérisé non relu

Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 3gG

3. Overbeck, Griechische Kunstmythologie, t. I, Mûn^tafel II, rig. 4. Cf. Percy Gardner, Types of greek coins, pl. XV, fig. 19. Boetticher, Olympia, p. 3o5, fig. 61.

4. Overbeck, Griechische Plastik, t. I, 3" éd., p. 258, fig. 65 b. — M. Overbeck fait remarquer que le témoignage de cette monnaie n'est pas décisif, parce que « l'empreinte n'est pas bien conservée, et que la disposition du vêtement n'est pas claire».

io8 LES ARTISTES CÉLÈBRES

et soutenait la Victoire tournée vers le dieu. Le bras gauche s'appuyait sur le sceptre, mais sans se développer outre mesure comme on le voit dans les statues de Zeus d'époque postérieure, où le mouvement du bras gauche ne laisse pas d'être un peu théâtral. Les cuisses n'étaient pas posées horizontalement, ce qui aurait produit un raccourci choquant pour les spectateurs placés au pied de la base : elles étaient inclinées, et l'œil pouvait en apercevoir les contours sous les plis de la draperie.

Il est permis de croire que l'effet général était ici plus harmonieux que dans la statue de la Parthénos; le ton du métal y dominait moins. La décoration du trône contribuait d'ailleurs, par la variété des matériaux qui y concourait, à atténuer l'éclat trop uniforme de l'or. Le trône était un travail de toreutique et de marqueterie fort riche où l'on avait mis en œuvre l'or, l'ébène, l'ivoire et les pierres précieuses; il était décoré de reliefs, d'incrustations, de figures en ronde bosse et de peintures. Nous devons renoncer à nous faire une idée exacte de l'effet que produisait cette ornementation, où les couleurs variées étaient habilement nuancées et ressortaient sur le ton sombre de l'ivoire. Le sentiment de la couleur v avait autant de part que celui de la forme, et il serait aussi puéril de chercher à retrouver cet assemblage de nuances, que de prétendre recomposer les tons d'un tableau perdu. Nous sommes donc réduits à la description de Pausanias1, qui nous indique les sujets figurés sur les différentes parties du siège. Les brasétaient supportés par des groupes en ronde bosse représentant des sphinx enlevant des enfants thébains, et on voyait au-dessous, d'un côté Apollon, de l'autre Artémis tuant les enfants de Niobé; peut-être, remarque M. Petersen, faut-il reconnaître ici une allusion à la justice divine dont la puissance de Zeus était la plus haute expression. Les pieds du trône étaient ornés de quatre Victoires dans l'attitude de la danse; deux autres Victoires se trouvaient en avant de chacun des pieds. Pour mieux assujettir ces derniers, l'artiste les avait reliés entre eux par quatre plaques transversales, ornées de reliefs représentant, sur celle de devant, les luttes qui constituaient les anciens jeux Olympiques, et sur les trois autres côtés, Héraclès et ses compagnons combattant contre les Amazones. Sur l%e dossier se dressaient les figures en ronde bosse des Heures et et des Kharites, que la légende donnait comme filles au maître de l'Olympe.

i. V, ii, 2-5. Pour l'étude détaillée de ces sujets, voir Petersen, Kunst des Pheidias, p. 354 et suivantes.

PHIDIAS IOg

Des précautions particulières avaient été prises pour assurer la solidité de la statue, que les pieds du trône ne suffisaient pas à soutenir. Aussi quatre colonnes, sans doute en marbre, étaient placées sous le siège du trône, parallèlement aux pieds, et étayaient la masse énorme qui pesait sur le siège. Il était donc impossible aux curieux de pénétrer sous le trône, comme ils pouvaient le faire dans le temple d'Amyklae, où l'on montrait aux visiteurs le trône colossal exécuté par Bathyclès de Magnésie pour la vieille statue à demi barbare d'Apollon Amykléen. Ces supports étaient d'ailleurs cachés par des barrières pleines qui entouraient la statue de trois côtés, comme une sorte de mur. Peintes simplement en bleu à l'intérieur, ces barrières étaient à l'extérieur couvertes de peintures exécutées par le frère de Phidias, Panainos, et disposées symétriquement sur les trois faces'. En commençant par la partie à droite du spectateur, les sujets se succédaient dans Tordre suivant : Atlas supportant le ciel, et auprès de lui Héraclès; Thésée et Pirithoos; deux figures féminines personnifiant l'Hellade et Salamine, cette dernière tenant à la main un ornement en forme de proue de vaisseau. Sur le côté du fond, Héraclès et le lion de Némée; Ajax et Cassandre; Hippodamie et sa mère Stéropée. Enfin, sur la dernière face, Héraclès et Prométhée ; Achille soutenant l'amazone Penthésilée mourante, et deux Hespérides tenant des pommes d'or. La division des sujets par groupes indépendants montre que Panainos avait suivi la méthode usitée pour les métopes sculptées.

Pausanias complète sa description par la mention du tabouret placé sous les pieds de Zeus, et orné de lions d'or et de reliefs représentant le combat de Thésée contre les Amazones. Tout l'ensemble, la statue et le trône, reposait sur une large base ornée de reliefs, où étaient figurés le char d'Hélios, Zeus et Héra, Héphaistos et une Kharite, Hestia, et Eros recevant Aphrodite sortant de la mer, tel que le montre une plaque d'argent doré du musée du Louvre, dont le sujet offre avec la conception de Phidias defrappantes analogies2. Plusloin venaient Apollon et Artémis, Athéna et Héraclès, Amphitrite et Poséidon, et enfin, comme par une sorte de réminiscence du fronton oriental du Parthénon, Séléné poussant ses chevaux. Sur la base du Zeus Olympien, l'auteur de la statue avait écrit l'inscription suivante, qui était sans doute métrique et que

1. La disposition de ces peintures est très controversée. M. Murray place les peintures sur la face intérieure des barrières: Greek sculpture, t. II, p. 126.

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