‹ PhidiasChapitre 45 sur 56 · Galette archéologique, 1879, pl. 19, fig · texte numérisé non relu

Galette archéologique, 1879, pl. 19, fig

no LES ARTISTES CÉLÈBRES

Pausanias semble avoir inexactement copiée : « Phidias, fils de Charmidès, Athénien, m'a fait. »

Jusqu'ici, nous n'avons considéré que l'ensemble de la statue; mais il y a lieu de rechercher comment Phidias avait conçu le type du maître de l'Olympe, et sous quels traits il l'avait représenté. Faut-il rappeler l'anecdote si connue, suivant laquelle Panainos demandant à son frère de quel modèle il s'inspirerait, Phidias aurait répondu en citant trois vers de Ylliade d'Homère : « A ces mots, le fils de Kronos abaissa ses noirs sourcils; sa chevelure divine s'agita sur sa tête immortelle, et le vaste Olympe trembla. » C'était, dans l'antiquité, une tradition courante ; nous la retrouvons dans plusieurs auteurs1. Ce qui en diminue singulièrement l'autorité, c'est qu'on répétait le même récit à propos du peintre Euphranor : l'artiste, disait-on, cherchant un type idéal de Zeus, aurait entendu ces vers d'Homère récités par des enfants dans une école, et aurait couru à son atelier peindre sa figure2. Il est permis de croire que l'anecdote ne repose sur aucune donnée sérieuse, et qu'elle est inspirée simplement par une de ces légendes d'atelier auxquelles la crédulité publique a de tout temps fait si bon accueil. Remarquons d'ailleurs que les vers homériques peignent le souverain des dieux avec un caractère redoutable ; or, le Zeus de Phidias n'avait en aucune façon cet aspect terrible. Les témoignages anciens s'accordent à vanter la douceur infinie dont étaient empreints les traits du dieu. Dion Ghrysostome, à qui la statue d'Olympie a fourni le thème d'amplifications oratoires, décrit le Zeus de Phidias comme un dieu « pacifique et bienveillant » ; on y reconnaissait « celui qui dispense la vie et tous les autres biens, le père, le sauveur et le protecteur de tous les mortels ». L'homme le plus malheureux, dit-il encore, oubliait tous ses maux à la vue de la statue, tant l'artiste y avait mis « de lumière et de grâce 3 ». C'est donc dans les images de Zeus où le caractère de douceur est le plus accusé, qu'on est fondé à rechercher le type traité par Phidias. Malheureusement, aucun des nombreux bustes conservés dans nos musées ne semble nous en offrir une copie fidèle. Le buste du Jupiter d'Otricoli dénote le style de l'école de Lysippe, beaucoup plutôt que celui de Phidias 4 ; la magnifique

1. Strabon, VIII, p. 353. Macrobe, Saturn., V. i3, p. 23, etc.

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