‹ PhidiasChapitre 46 sur 56 · Eustathe, ad Iliad., p · texte numérisé non relu

Eustathe, ad Iliad., p

3. Dion Chrysostome, Orat. (passim). Cf. Overbeck, Schriftquellen, nos 706-71 3.

4. De Witte: Annali, 18G8, p. 208. Cf. Petersen, Kunst des Phidias, p. 3qo.

PHIDIAS m

tête du Jupiter Blacas, au Musée Britannique, est une œuvre du ive siècle, qui se rapproche par le sentiment du Zeus d'Olympie, mais accuse déjà l'influence de la nouvelle école attique * ; enfin, si M. Stephani a cru reconnaître le Zeus de Phidias dans une tête en marbre du musée de l'Ermitage, ses conclusions sont loin d'avoir le caractère de la certitude 2. Nous ne connaissons pas de document plus précis qu'une monnaie de bronze d'Elis, du Cabinet de France, et reproduisant, suivant toute vraisemblance, la tête de la statue de Phidias3. Le visage a une grande expression de sérénité et de bienveillance ; le front est droit, l'œil peu enfoncé, et les cheveux, serrés par la couronne d'olivier, retombent en boucles sur les épaules. Le même caractère de douceur se retrouve dans la belle tête de Zeus des monnaies de Philippe de Macédoine, où l'on a pu reconnaître une imitation libre de l'œuvre de Phidias 5 ; mais le graveur n'a sans doute pas apporté à son œuvre ce souci d'exactitude qui est particulier aux graveurs monétaires de l'époque romaine, et que trahit la monnaie d'Elis, frappée au temps d'Hadrien.

On racontait à Olympie que, la statue terminée, Phidias avait prié Zeus de montrer par un signe si l'œuvre était conforme à sa volonté, et qu'un coup de foudre avait aussitôt frappé le sol du temple à l'endroit même où l'on montrait par la suite une hydrie de bronze. Quel visiteur dévot aurait hésité à reconnaître dans la statue du maître athénien la parfaite image du maître des dieux ? Sur ce point, l'antiquité est unanime ; les témoignages d'admiration abondent sous la forme la plus variée.

1. Nous avons décrit ce marbre dans les Monuments de l'Art antique de M. O. Rayct, livraison VI.

2. Compte rendu de la Commission arch. de Saint-Pétersbourg, pour 187 5 (1878), pl. VI, VII, p. 160-198. M. Reinach croit aussi retrouver une réplique du Zeus de Phidias dans une tête de terre cuite de Smyrne. {Mélanges Graux, p. 149.)

3. Overbeck, Griechische Kunstmythologie, I, Mùn^tafel I, n° 34. Cf. Percy Gardner : Numismatic Chronicle, N. S. XIX, pl. XVI, et Types of greek coins, pl. XV, rig. 18.

4. Overbeck, Ouvrage cité, t. I, p. 104. Une monnaie d'argent d'Elis, du Musée Britannique, reproduite par M. Murray (Greek sculpture, t. II, pl. XI), offre un type plus ancien que celui de Phidias.

ii2 LES ARTISTES CÉLÈBRES

Personne, dit Pline, ne peut songer à rivaliser avec Phidias (nemo aemulatur). Dion Chrysostôme déclare que 'c'est « une œuvre auguste et parfaitement belle », qu'elle « cause au regard un ineffable ravissement ». « Allez à Olympie, disait le philosophe Epictète, afin de voir le travail de Phidias, et que chacun de vous considère comme un malheur de mourir dans l'ignorance de ces merveilles1. »

La statue ne provoquait pas seulement l'admiration ; on ressentait à sa vue une véritable émotion religieuse ; on oubliait la perfection de l'œuvre d'art pour ne plus voir dans le Zeus Olympien que la plus haute expression de la divinité. Tite-Live s'accorde avec Polybe 2 pour rapporter que lorsque Paul-Emile visita Olympie et pénétra dans le temple, il fut saisi d'une vive émotion, comme s'il avait vu le dieu lui-même, et fit offrir à Zeus un sacrifice plus considérable que d'habitude. Suivant Quintilien, la beauté de la statue semblait avoir ajouté quelque chose à la religion, tant la majesté de l'œuvre égalait celle de la divinité3. Ces témoignages sont précieux, en nous faisant connaître quelle haute conception avait réalisée l'artiste. Qu'il se fût ou non inspiré des vers d'Homère, il créait un type tout nouveau et d'une originalité puissante. Répudiant tous les modèles que pouvaient lui offrir ses devanciers, il ne consultait que sa propre pensée; il se guidait, suivant le mot bien connu de Cicéron, d'après cet idéal de la beauté (species pulchritudinis eximia) qui résidait dans son esprit 5, et il animait sa création d'un sentiment tout personnel. Le génie vigoureux et réfléchi du vieux maître, mûri par la méditation, avait traduit une conception plus élevée que celle du dieu terrible, armé de la foudre, familière aux sculpteurs archaïques; il avait reproduit l'image même de la divinité dans une œuvre que n'aurait pas désavouée la philosophie spiritualiste d'Anaxagore. Par son attitude majestueuse, par la sérénité bienveillante dont ses traits étaient empreints, le Zeus Olympien offrait l'expression parfaite de la toute-puissance divine et de la souveraine bonté qui en est l'attribut.

La statue d'Olympie était destinée au même sort que celle du Parthénon; nous ignorons également dans quelles circonstances elle a péri. Environ soixante ans après la consécration dans le temple, les plaques

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