Inst. Orat., XII
.4. Cicéron, Orator, 2, g.
d'ivoire commencèrent à se disjoindre ; les Eléens durent charger un sculpteur messénien, Damophon, de procéder à une restauration complète. Toutefois, l'œuvre était encore en place, lorsque Caligula essaya vainement de la faire enlever pour la transporter à Rome. La légende racontait quels prodiges avaient empêché la réussite de l'opération : la statue poussa un éclat de rire qui mit en fuite les ouvriers, et un coup de foudre fit sombrer le vaisseau destiné au transport 4. Suivant un écrivain byzantin, le Zeus de Phidias aurait été amené à Constantinople et placé dans le palais de Lausos, où il aurait disparu dans un incendie, en 475. Mais on a peine à croire que la statue ait survécu à l'incendie du temple, ordonné en 408 par l'édit de Théodose II.
Le Zeus d'Olympie, où l'on reconnaissait la plus éclatante manifestation du génie de Phidias, est aussi la dernière de ses grandes œuvres; la brillante carrière du maître touche à sa fin. Il nous reste à signaler encore un certain nombre de statues dont la date est incertaine, et que nous n'avons pu, faute de renseignements précis, placer à leur ordre chronologique dans les chapitres précédents.
Les sculpteurs de l'antiquité ont souvent traité avec prédilection certains types, dont ils ont contribué à fixer les caractères classiques, en exprimant toutes les nuances qu'ils comportent. On sait que Lysippe s'est plu à représenter maintes fois Zeus et Héraclès, et que l'œuvre de Praxitèle compte de nombreuses statues d'Aphrodite et d'Eros. C'est la figure sévère et virginale d'Athéna qui a souvent inspiré Phidias. Nous avons déjà cité l'Athéna de Pellène et celle de Platées, et étudié plus longuement la Promachos et la Parthénos. A ces quatre statues il faut ajouter l'Athéna Lemnienne, qu'on voyait à l'Acropole d'Athènes, entre la Pinacothèque et la Sphéristrade l'Erechthéion. La statue avait reçu le surnom de Lemnienne en souvenir de ceux qui l'avaient consacrée; c'était une offrande des Lemniens, c'est-à-dire des clérouques athéniens établis dans l'île de Lemnos, devenue sujette d'Athènes. Cette circonstance permet de proposer pour l'Athéna Lemnienne une date approximative. C'était en effet au moment de leur départ d'Athènes que les clérouques consacraient des ex-voto de ce genre ; or ceux de Lemnos ont été envoyés dans l'île entre les années 450 et 447, et c'est à ce moment qu'il faut placer l'exécution de la statue. Avec une singulière