‹ PhidiasChapitre 6 sur 56 · Pline, Nat. Hist., XXXIV, 54. Sénèque, Epist · texte numérisé non relu

Pline, Nat. Hist., XXXIV, 54. Sénèque, Epist

des attitudes plus libres, des formes moins raides, et inaugurait ce beau style simple et sévère dont s'inspirent les céramistes du ve siècle. C'est vers le même temps que Micon peint au Pœcile le combat des Athéniens et des Amazones, et, au Théséion, de grandes scènes mythologiques, telles qu'un combat contre les Amazones, une Gentauromachie, et Thésée recevant d'Amphitrite et de Poséidon l'anneau de Minos qui doit le faire reconnaître comme le fils du dieu de la mer. Une belle coupe peinte du Louvre, signée par Euphronios, et que M. de Witte a heureusement rapprochée de cette dernière composition *, nous donne une juste idée de la pureté de lignes et du charme austère qu'on admirait dans les œuvres du peintre athénien. Ainsi, deux maîtres illustres opèrent, dans le domaine de la peinture, une révolution capitale, au moment où Phidias, fort de l'enseignement qu'il a reçu d'Agéladas, et revenu dans sa ville natale, va lui-même modifier profondément le caractère de la sculpture attique.

Nous voudrions pouvoir placer à leur date les œuvres de Phidias qui sont contemporaines du gouvernement de Cimon, et par lesquelles le jeune sculpteur se fait connaître de ses concitoyens. Malheureusement les renseignements certains nous font défaut. Toutefois, la réputation de Phidias est assez établie pour qu'on lui confie, à Athènes même, des travaux importants; car c'est entre les années 465 et 460, suivant toute vraisemblance, qu'il exécute un groupe votif en bronze consacré à Delphes par les Athéniens, en souvenir de Marathon. Pausanias, qui décrit ce monument 2, rapporte que la dîme du butin conquis sur les Perses, dans cette journée, en avait fait les frais, ce qui ne laisse pas de soulever une difficulté chronologique. Comment admettre un tel intervalle entre l'année de la bataille de Marathon et la dédicace du groupe? Ne doit-on pas penser que Phidias l'a exécuté beaucoup plus tôt ? Toutefois, on sait ce qu'il faut penser du soi-disant butin de Marathon, grossi outre mesure par l'imagination des Grecs, et dont Hérodote ne parle même pas. Il aurait dû être inépuisable pour satisfaire à toutes les dépenses dont il était le prétexte3. En réalité, c'est le trésor d'Athènes, enrichi par les campagnes de Thémistocle et de Cimon, qui permettait de consacrer, par des monuments d'art, les souvenirs de la guerre

1. Monuments grecs, publiés par l'Association des études grecques, 1872.

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