‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 106 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III

Olympien, Suivant Otfried MuUer, l'art grec ne représenta jamais Jupiter comme dieu-nature; les plus anciens monuments lui donnent un caractère purement éthique et le montrent comme le maître puissant et miséricordieux des dieux et des hommes, de TOlympe et de la terre*. L'idée d'une intelligence souveraine, sous laquelle la poésie s'était figuré de bonne heure le plus grand des dieux, s'alliait naturellement avec l'anthropomorphisme ^ ce sont deux idées corrélatives dans le développement de la mythologie grecque. En même temps que l'imagination du peuple donnait un corps et une légende à Jupiter, la sagesse poétique en faisait un être libre et intelligent, au lieu d'une personnification de forces aveugles et de lois nécessaires. Ce caractère moral , mieux et plutôt accusé chez Jupiter que chez les autres dieux de la mythologie grecque, joint au rang qui lui était assigné dans l'Olympe, fit de Jupiter le dieu Panhellénique. « Il fut, « dit M. Maury, le dieu qui veillait sur le peuple grec, (( comme Jéhovah veillait sur Israël , celui qui le défen- « dait contre les barbares étrangers à son culte 2. » Le génie de Phidias saisit l'idée divine de Jupiter au moment le plus favorable pour manifester aux yeux des peuples, sous la forme la plus belle et la plus majestueuse, l'image de la souveraineté suprême et le signe de la nationalité grecque. A cette époque, en même temps que son caractère spirituel le rapprochait déjà des idées que nous nous faisons de la divinité, le Jupiter grec conservait un carac-

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