PéricL
2. Sur la vie de Parrhasius et sur la vanité de ses manières, voyez Pline, xxxv, 36. Sénèque attribue à ce peintre d'avoir fait mourir un esclave dans les tourments afin de s'en servir comme d'un modèle pour un tableau de Prométhée (Senec, Controv., V, 10). Cette histoire est traitée de conte par 0. MùUer (Man. d'arch., % 138, rem. Ix).
3. Apologie de Socrate, par Platon. — Si Ton passe de la Grèce à Rome, on voit la peinture exercée à l'origine par des hommes d'un nom illustre, et le surnom de Pictor rester attaché comme un titre d'honneur à la famille des Fabius en mémoire d'un peintre de cette famille qui avait décoré un ancien temple ( Pline, XXXV, 7). Il est vrai que plus tard, Antistius Labéon fut méprisé pour s'être livré à la peinture après avoir exercé les grandes charges de la République. Mais, dans l'intervalle, l'art avait perdu son caractère religieux et national, et l'on ne doit pas s'étonner qu'il ait cessé d'être pratiqué par ce que Pline appelle honestis manibus,
paraître. La décadence morale de l'art, l'orgueil et les mœurs dissolues de certains artistes célèbres, le caractère sensuel de leurs inspirations, tels sont, il est permis de le penser, les causes qui, à une époque postérieure à Phidias, ont pu nuire à la considération qui d'abord entoura les artistes, et finalement amener au mépris de leurs personnes ceux qui restaient les constants admirateurs de leurs chefs-d'œuvre.
Une autre cause encore a pu contribuer à ce résultat dans l'esprit d'un écrivain tel que Plutarque. L'auteur des Vies parallèles se montre partout imbu des idées d'une certaine philosophie aristocratique et dédaigneuse qui- ne voyait de dignité que dans la spéculation pure. C'est en vertu de ces idées que la géométrie paraissait à Cicéron une science un peu méprisable, à cause de l'application qu'on pouvait en faire aux besoins de la vie. Aussi parle-t-il avec quelque dédain d'Archimède*; Plutarque le loue au contraire, mais ce qu'il admire le plus dans le grand mathématicien c'est de s'être refusé à rien écrire sur la construction des machines qui avaient servi à la défense de Syracuse. Suivant Plutarque, Archimède, « regardant la méca- « nique, et, en général tout ce qu'on exerce pour le « besoin, comme des arts vils et obscurs, ne se livra « qu'aux sciences dont la beauté et la perfection ne sont
1. « Ex eadem urbe (Syracusis) humilem homunculum a pulvere et radio eœcitabo,.. Archimedem [TuscuL, y, 23). » Cicéron met Archytas au rang des sages, sur la même ligne que Platon (Ibid,, V, 22), sans doute parce qu'il était philosophe en même temps que mathématicien.