PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV
« liées à aucune nécessité et avec lesquelles toutes les « autres ne sauraient entrer en comparaison*. » Or la sculpture et aussi la peinture, bien qu'elles échappent par leur but au reproche d'utilité, n'en rentrent pas moins, par leur côté matériel et par le gain qui résulte de leur exercice, dans la catégorie de ces arts inférieurs que Plutarque traite avec tant de dédain^. C'est ce côté par lequel l'art touche au métier qui, sans doute, joint aux causes que je viens d'énumérer, attirait aux artistes le mépris de la philosophie spéculative. On pensait bien différemment dans l'antiquité primitive, lorsqu'on honorait comme des êtres divins les créateurs de l'industrie, et lorsque les arts manuels étaient placés sous le patronage d'une divinité*. Dans ce temps-là les artistes devaient être regardés comme les pontifes des divinités dont leurs mains formaient les images. Moins de louange et plus d'estime, tel était, comparé à celui des artistes des temps postérieurs, le lot de ces anciens maîtres. On doit croire qu'il existait encore du temps de Phidias quelque chose de cet esprit religieux qui, lors de la civilisation naissante, avait marqué d'un sceau de consécration l'art et l'industrie. Le règne des spécula-