PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. Mi
des dieux , ce qui ne l'empêchait pas de se mettre en rapport avec le sentiment populaire pour la création des types divins. L'artiste, pour traiter des sujets religieux, n'a besoin que d'une foi d'imagination, et il peut la recevoir du peuple au milieu duquel il vit et travaille. On peut dire que, plus son esprit est libre, plus sa conception est poétique, à. la seule condition que la croyance populaire ait accès en lui par le sentiment, car il développe alors avec plus de hardiesse le thème qui lui est offert et en tire des beautés inattendues. De ce que Phidias, par exemple, s'était oublié jusqu'à cet acte sacrilège de graver le nom de Pantarcès sur le doigt de Jupiter, ou de ce qu'il aurait donné telle autre preuve d'impiété, au jugement des Athéniens ou des Éléens, il ne faudrait pas en conclure que le caractère religieux le plus pur et le plus sublime ne fut pas celui des simulacres divins qu'il exécuta pour être l'objet de l'admiration des peuples. L'art est un très-grand mystère, et le cœur humain un mystère encore plus grand. Raphaël rêvait aux pieds de la Fornarina la divine pureté de ses Vierges, et ce Pérugin, qui a peint tant de scènes surnaturelles d'un pinceau qui semble inspiré par l'extase séraphique, n'avait jamais, au rapport de son biographe, pu faire entrer l'idée de Dieu dans sa cervelle de porphyre *.
Outre le Jupiter d'Olympie, Phidias fit plusieurs autres statues en Élide. De ce nombre fut la Minerve Ergané (l'ouvrière) d'or et d'ivoire, dans la citadelle des Éléens;