‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 13 sur 289 · Politique, I · texte numérisé non relu

Politique, I

/i. Platon, RépubL, 1. III.

Pindare*. Revêtir une idée divine d'une beauté souveraine et d'une matière inaltérable, c'était faire tout à la fois l'œuvre de la religion et celle de la sculpture, élever une statue et livrer à Tadmiration des peuples un type saint. La véritable immortalité antique, c'est l'art qui la donne, et la véritable apothéose, pour les dieux comme pour les héros, c'est la sculpture qui la décerne. Toute la Grèce est dans cette apothéose.

Les tendances naturelles du génie grec sont si bien d'accord avec les lois essentielles de la plastique, que cette règle, qui semble avoir dû être formulée tout exprès pour la sculpture : subordonner la passion au caractère et le caractère à l'idéal^ a été donnée par un célèbre critique allemand ^ comme celle de l'art dramatique chez les Grecs, c'est-à-dire de l'art qui, par sa nature, semble le plus éloigné de la plastique. S'il est une chose dont la sculpture doive user avec sobriété, c'est le pathétique. Andromède attachée à son rocher, la muse de la plastique écoute gémir et gronder le flot des passions ; mais ce flot ne doit mouiller qu'à peine la divine nudité de ses pieds de marbre. J'ai déjà dit comment la sculpture s'était égarée en cherchant le mouvement et l'expression. Un exemple frappant de cet égarement du génie moderne dans la plastique se trouve dans le Milon de Puget, l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture française. Je ne me suis jamais arrêté , dans les salles du Louvre, devant cette œuvre capitale d'un fier et puissant artiste sans me sentir

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