Orat., II
à. Nat. HisL, XXXVI, U. 5. Lettre 8.
178 PHinrAS.
Cependant Émeric David, malgré tous ces éloges dont il s'est fait lui-même l'écho, n'en a pas moins cherché à établir que la réputation de Polyclète avait, sinon dépassé, du moins égalé dans l'antiquité celle de Phidias. On lit, à la vérité, dans Strabon, que les statues de Polyclète étaient supérieures à toutes les autres quant au travail, inférieures seulement à celles de Phidias pour la richesse et pour la grandeur *. Les termes mêmes dont se sert le géographe grec indiquent qu'il s'agit ici d'ouvrages de toreutique, et, en effet, il est question des ouvrages de Polyclète renfermés dans le temple de Junon à Argos. On sait que cet artiste avait fait la statue colossale de la déesse en or et en ivoire. Pline aussi dit que Phidias enseigna les principes de la toreutique, laquelle fut perfectionnée par Polyclète. Mais sur ce point il est facile de répondre avec G. Mul- 1er que Polyclète a pu connaître , pour tout ce qui concerne l'art de couper, de polir ou de coller l'ivoire, en un mot pour la partie matérielle de la toreutique, des procédés ignorés de Phidias, d'autant mieux que la Junon d'Argos est de quelques années postérieure au Jupiter d'Olympie 2. Les textes allégués ne semblent pas signifier davantage. Ce perfectionnement de la toreutique par Polyclète, fort vraisemblable, est appuyé par le fait
1. T-ji fiiSv (Çoava) tékvt: xoXXiora tûv irovrcAV , ffoXurtXeiac xai ittfibu rui <»ei5îou Xu7ropi.eva (Strab., J. VIII).
2. Suivant Émeric David, la statue de Junon fut placée dans le nouveau temple élevé à cette déesse à Argos, après Tincendie de Tancien temple, à peu près vers la 91* olympiade, environ dixsept ans après ràchèvement du Jupiter d'Olympie ( Vies des art. anc. et mod., p. Zi/j, et Biog. univ., article Polyclète).