‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 132 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V

bien connu des accidents survenus au Jupiter et des réparations qu'ils nécessitèrent, réparations pour lesquelles on donna de grands éloges à Damophon de Messène. Rien de pareil, en effet, n'a été raconté de la Junon. D'un autre côté, il ne faut pas prendre non plus à la lettre les paroles de Pline et croire que la toreutique n'ait pas été cultivée avant Phidias ; nous avons vu qu'elle avait été en honneur longtemps même avant lui ; mais elle reçut de ce grand artiste un honneur extraordinaire. Et si la toreutique dut, après lui, quelque chose àPolyclète pour son perfectionnement matériel, il n'en est pas moins certain que Phidias, dans la composition générale de ses ouvrages, dans l'équilibre de leurs parties, dans l'application des lois de l'optique à ses colosses, avait atteint le plus liaut degré de l'art *. Il n'est pas moins certain qu'il entendait merveilleusement le mélange des couleurs et leur effet, sans quoi l'éclat multiple et varié de ses statues chryséléphantines aurait blessé les yeux du spectateur d'une façon intolérable.

Pour ce qui est de l'art statuaire en général, si Polyclète y fut le rival de Phidias, on ne saurait dire qu'il lui ait jamais été regardé comme supérieur. Il est bien vrai que Socrate déclare dans les Mémorables de Xénophon qu'il préfère, dans Xd^. statuaire^ Polyclète à tous les autres artistes 2; mais le mot même dont il se sert, âv^piavToiroua, comme l'a fort bien fait remarquer Visconti à propos d'un autre passage tiré d'Aristote, indique, non Tart

1. Voir Tanecdote racontée par Tzetzès {Chil. VIII) sur une lutte entre Phidias et Alcamène.

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