Mémor., I, U
\m PHIDIAS.
tout entier, mais une des branches de l'art, la statuaire ou sculpture en bronze, dans laquelle Polyclète excellait en effet; on peut accorder la supériorité du talent de Polyclète dans ce genre particulier, sans rien ôter au génie ni à la renommée de Phidias. Quintilien^ dit également qu'un certain nombre de connaisseurs donnaient la palme de l'art à Polyclète (eut a plerisqae tribuitur palmà) . Mais, outre qu'il faut entendre cela des amateurs du temps de Quintilien, c'est-à-dire d'une époque où le goût n'avait plus, en fait d'art, son ancienne pureté, Quintilien lui-même, dans le parallèle qu'il a tracé de Phidias et de Polyclète, va nous apprendre la raison de la préférence donnée à Polyclète par les juges de sn temps. Il est évident, par tout ce que nous savons des deux artistes, que les qualités qui distinguaient surtout Polyclète différaient de celles par lesquelles excellait Phidias. C'est ce que l'écrivain latin exprime quand il dit que les qualités qui manquaient à Polyclète Phidias les possédait (quœ Polycleto defuerunt Phidiœ dantur). Or, ce qui manquait à Polyclète, c'était surtout la gravité
1. Je donne ici le passage de Quintilien qui concerne Phidias et Polyclète ; il est tiré du livre XII, ch. x : « Diligentia et décor in Polycleto supra ceteros, cui quamquam a plerisque tribuitur palma, tamen, ne nihil detrahatur, déesse pondus putant. Nam ut humanae formae decorem addiderit supra verum, ita non explevisse deorum autoritatem videtur. Quin setatem quoque graviorem dicitur refugisse, nihil ausus ultra levés gênas. At quae Polycleto defuerunt, Phidiae atque Alcameni dantur. Phidias tamen diis quam hominibus efRciendis melior artifex, in ebore vero longe citra aeraulum, vel si nihil nisi Minervam Athenis, aut Olympium in /Elide Jovem, fecisset ; cujus pulchritudo adjecisse aliquid etiara receptae religioni videtur, adeo majestas operis deum aequavit. »