‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 138 sur 289 · MùUer, Comm. qm Myrinœ, etc., p. 6 et · texte numérisé non relu

MùUer, Comm. qm Myrinœ, etc., p. 6 et

viens de citer un passage, est de démontrer la ressemblance qui existe, suivant lui, entre l'Amazone du Vatican et celle que Ton voit représentée sur une pierre gravée publiée et décrite par Natter*. « Chacun, dit-il, (( reconnaîtra la même attitude dans la statue et sur la « pierre gravée; c'est aussi la même forme des membres, « le même mélange dé mollesse féminine et de mâle « vigueur.Dans l'une et l'autre figure, le pied droit insiste « fermement sur le sol, tandis que le gauche est un peu « soulevé, la disposition des draperies est la même, la « mamelle gauche également découverte et la tunique « relevée de la même façon sur le flanc au-dessus « de la cuisse. On voit aussi sur la figure gravée un « carquois suspendu, non sur l'épaule, mais au flanc « gauche, suivant la mode des Phrygiens et des Perses; « et quant à l'arc, suspendu ici au dos de l'Amazone, « au lieu d'être placé dajjis sa main , on en retrouve- « rait peut-être les vestiges sur la statue, si l'on voulait u se donner la peine de les y chercher. Si nous obser- « vons maintenant le geste de l'Amazone, tel que la gra- (( vure l'a exprimé sur la pierre, nous voyons qu'elle « tient des deux mains un long bâton ou une pique, « et qu'elle s'y appuie pour sauter. Natter avait déjà « reconnu ce mouvement d'élancement en avant dans la u figure dont il s'agit; mais il s'était grandement trompé « en voyant une Diane chasseresse dans cette figure où « tout révèle une Amazone. Il est vrai d'ailleurs que le « saut est indiqué ici par un mouvement doux, qui ne

1. Traité de la méthode de graver les pierres fines, pi. xxxi.

PREMIÈRE PARTIR. - CHAPITRE V. m

se fait que peu sentir dans la figure tout entière ; mais un mouvement plus violent, qu'un artiste moderne aurait préféré sans doute, répugnait aux habitudes de l'art antique, surtout à l'époque où nous verrons que la statue a du être exécutée. Tout le mouvement du corps est, du reste, dans notre statue, en harmonie avec ce genre "d'action. Une chose importante à observer pour le but qui nous occupe, c'est que l'Amazone, du côté où son pied pose avec fermeté sur le sol , élève davantage le bras, tandis que, du côté où elle porte la main sur la partie inférieure de- la pique, elle lève le pied et la jambe. Or, les maîtres les plus récents de la gymnastique sont d'accord avec nous sur ce point , que par ce mouvement le corps est mù et porté en avant pour le saut, et la loi naturelle de ce genre de mouvement semble demander que le corps soit attiré en haut du même côté où il est en même temps poussé par sa partie inférieure. En conséquence, tandis que du côté droit de notre figure tout apparaît développé et comme déployé dans le sens de la ligne droite, le côté gauche, au contraire, se montre plus contracté et plus courbe : antithèse souvent affectée dans le corps humain depuis Polyclète. On voit aussi que l'Amazone n'a préparé son élan par aucune course destinée à en augmopter la puissance, mais qu'ayant rassemblé ses forces autant qu'il était nécessaire et disposé son corps en équilibre, elle s'apprête à s'élancer du lieu même où elle a appuyé sa pique sur le sol.

« Je tiens à faire remarquer aussi combien exacte est

« la convenance entre le geste et l'action de l'Amazone, « tels que je les ai décrits, et la manière dont elle est « vêtue et parée. Elle a déposé ses armes et tous ses « traits hors ceux d'un genre plus léger, lesquels sont « restés dans le carquois pendant par une courroie de « son épaule droite : ce qui a été observé également a dans les Amazones des bas-reliefs de-Phigalie. Quant « au bouclier, à la hache, au casque, dont le poids <( l'eût fncommodée, on les retrouve déposés partie sur « un tronc d*arbre, partie sur .la base où s'appuient « les pieds de la guerrière. Bien que revêtue d'une tu- « nique assez légère, elle a trouvé le moyen de la ren- « dre plus commode encore pour le saut qu'elle médite. « En effet, la tunique devrait, suivant la coutume, cou- « vrir les deux mamelles et cacher les aisselles ; mais « ici l'agrafe qui servait à la retenir sur l'épaule gauche « a été détachée, ce qui. a donné naissance à ce pli (( du vêtement qui, de la mamelle gauche découverte, « descend vers la cuisse ; et cette particularité se ren- « contre également dans le marbre et sur la pierre gra- « vée. Ce qui mérite plus d'attention encore, c'est la « façon toute singulière, et qui n'a été observée nulle « part ailleurs, dont la tunique est relevée dans sa partie « inférieure. Car tandis que la tunique vient pendre sur « la cuisse droit^et qu'on en voit le bord en deçà du « genou, le pan qui devrait flotter sur le genou gauche « est relevé et inséré dans la ceinture ou écharpe dont « le corps est ceint au-dessous de la poitrine, de ma- (i nière que le bout de la draperie passe au-dessus du « cordon. Il était naturel que cet arrangement d'un côté

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