‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 156 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE I

salle se trouvent les plâtres des statues éginétiques, dont les originaux sont à la glyptothèque de Munich. On a ainsi réunies trois époques de Tart grec, et Ton peut les comparer aisément. Aucun autre musée ne possède de pareils trésors ; d'heureux hasards et les soins intelligents du gouvernement anglais ont rassemblé, dans ce rez-de-chaussée du Musée britannique, outre un nombre immense de sculptures égyptiennes et assyriennes, précieuses pour rhistoire de l'antiquité, presque tout ce qui nous reste de monuments originaux des belles époques de l'art grec. C'est chez nos voisins d'outre- Manche qu'il faut aller étudier aujourd'hui l'histoire et les chefsd'œuvre de la sculpture antique.

On a vu, dans la première partie de ce travail, comment Phidias fut chargé de la direction des monuments que faisait élever Périclès et, entre autres, du Parthénon. Il est admis aujourd'hui que les admirables sculptures dont ce dernier temple fut décoré ne sauraient être d'une époque postérieure à l'édifice lui-même, et l'assentiment de tous les archéologues y a reconnu l'œuvre de Phidias et de son école. Après Pausanias, qui en fait une brève mention, un long silence nous dérobe l'histoire ancienne des sculptures du temple de Minerve ; mais à la fin du XVI* siècle, à l'époque où les premiers regards commencèrent à se porter sur la Grèce longtemps oubliée et encore endormie dans la servitude, le Parthénon presque entier, debout sur sa colline, apparut le premier aux yeux qui cherchaient l'antiquité sur la terre classique par excellence de l'art et de l'histoire. Une lettre d'un Grec de Nauplie, insérée, en 1584 , par Martin Kraus

dans s'à TurcO'.Grœcia ^, fait mention du temple de Minerve sous le nom de Panthéon, et vante la vie merveilleuse des chevaux placés au-dessus de la grande porte (fronton occidental). Il est vrai que Zygomalas attribue ces statues à Praxitèle; c'est de nos jours seulement, comme on le verra toul à l'heure, que l'opinion unanime des hommes compétents a restitué à Phidias les sculptures du Parthénon. Moins d'un siècle après, ces marbres précieux, signalés ainsi pour la première fois à l'attention de l'Europe, recevaient la visite d'.un ambassadeur de France à Constantinople, le marquis de Nointel, amateur éclairé des arts, qui menait avec lui un peintre, élève de Lebrun, du nom de Jacques Carrey. Pendant le séjour de M. de Nointel à Athènes, en 1674, Carrey exécuta pour lui. une série de dessins représentant les sculptures du Parthénon, tant les statues que les basreliefs ; il employa deux mois à ce travail fait d'en bas et dans les conditions les plus difficiles. C'est cet album de Carrey qui, longtemps égaré et retrouvé, en 1797, à la Bibliothèque nationale, dans le Cabinet des estampes, a servi de base à toutes les restaurations qu'on a tentées de l'œuvre de Phidias ^.

Spon , qui crut reconnaître l'empereur Adrien et sa

1. Publiée à Bâle sous le nom de Martinus Crusius. La lettre de Théodore Zygomalas se lit au chap. x du liv. VH. On en trouvera le texte et une traduction dans Touvrage de M., de Laborde, Athènes aux xv% XVI* et xvii'' siècles j t. I, p. 55 et suiv.

2. On trouve de nombreux détails sur le séjour à Athèues du marquis de JSointel et sur les travaux de Carrey dans le livre cité ci-dessus de M. de Laborde. Cet habile archéologue est de ceux qui ne laissent rien à Toubli de ce qu'ils peuvent lue arracher par de savantes recherches et de patients travaux.

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