La Grèce contemporaine, p
3. Voici le passage de Ciceron {Oralor, c. 11, % 8) : « Nec verô ille artifex (Phidias), cùm faceret Jovis formam aut Minervae, con-
Le nombre des statues était si considérable en Grèce qu'on aurait pu dire des Grecs, à Tépoque où ils avaient perdu avec la liberté les vertus de leurs ancêtres , qu'il y avait chez eux plus de dieux que d'hommes. Au temps de Pline le Naturaliste, après les spoliations exercées par les proconsuls et les empereurs, parmi lesquels il y eut des amateurs passionnés des œuvres de l'art, il n'y avait pas encore moins de trois mille statues à Athènes, et l'on en comptait un pareil nombre à Olympie et à Delphes. Athènes, la plus religieuse des villes grecques au rapport de Pausanias^, la ville où le génie ionien s'épanouit dans toute sa beauté^, l'œil de la Grèce ^, selon la poétique expression de Milton, Athènes fut surtout la ville des statues. Dans ces cités républicaines, et spécialement dans la plus démocratique, l'art exerçait une sorte de magistrature; les images en bronze et en marbre des hommes illustres, en même temps qu'elles servaient de luxe sévère à la place publique , portaient dans tous les cœurs l'enthousiasme . et l'émulation. L'Athénien qui se rendait de sa maison à l'assemblée du peuple rencontrait partout sur son passage les figures des divinités
templabatur aliquem , e quo similitudinem duceret : sed ipsiiis in mente insidehat species pulchritudinis eximia quidam, quam intuens, in eaque defixus, ad illius similitudinem artem et manum dirigebat. » Voy. sur cet idéal les réflexions d'Otf. Mûller, De Phid, vit. et op., p. 60 et suiv.
2. On a dit avec vérité que le génie ionien était le génie grec dam son expansion, et le génie dorien ce même génie replié sur lui-même. (G. Schlegel, De la mythologie grecque j Œuvres françaises, t. I, p. 323.)