DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE I. it
quand ses artistes lui apprirent les ravages commis par les Turcs, et ajoutèrent que, pendant leur séjour, ils les voyaient dégrader des morceaux de sculpture, tirer des coups de fusil sur les marbres, et en faire des matériaux pour bâtir des maisons; quand il vit aussi que d'un temple entier, qui existait près de l'Ilyssus au temps de Stuart, il ne restait pas une seule pierre*; quand il apprit que tous les voyageurs anglais qui venaient à Athènes, avec leur passion naturelle pour les petits cailloux, cassaient des bras et des nez pour les emporter comme des curiosités, il arriva naturellement à conclure qu'à ce train de vandalisme, au bout de cinquante ans, il resterait à peine un morceau d'architecture ou de sculpture 2. »
Mais quand même on contesterait à lord Elgin la nécessité du moyen héroïque employé par lui pour sauver d'une destruction totale les vestiges du ciseau de Phidias, il faudrait encore reconnaître à sa décharge que Tinventien du procédé ne lui appartenait pas et qu'il avait été mis en pratique longtemps avant lui. Dans un livre publié en 1634, Peacham, cité par M. de Laborde *, parlait déjà de transplanter la Grèce en Angleterre. A cette
i. Voyez sur ce temple, que Stuart et Spon ont pris pour celui de Cérès Agrotère, The Aiitiquities of Athens, t. I, chapitre n du livre. Le même monument a été désigné sous le nom de temple de Triptolème. M. de Nointel y fit dire la messe par son chapelain pendant son séjour à Athènes. Voyez Touvrage de M. de Laborde, 1. 1, p. 126, à la note.
2. Passage traduit dans le Journal des Débats, par M. John Lemoinne.