‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 161 sur 289 · Tome I, p. 67, note · texte numérisé non relu

Tome I, p. 67, note

iU PHIDIAS.

époque, de riches amateurs anglais, entre lesquels il faut con^pler le comte d'Arundel, qui enleva à la France les marbres connus depuis sous le nom de marbres d'Anmdel ou d'Oxford^, entretenaient dans le Levant des agents chargés de leur recueillir des antiquités. Ces émissaires se rendirent plus d'une fois coupables de mutilations qui ont été signalées par d'autres voyageurs : on cite, entre autres, un Apollon de Délos, qu'ils scièrent en deux du haut en bas, afin d'en enlever une moitié 2. Et les Ajiglais ne furent pas seuls à commettre de pareils actes. Le célèbre ambassadeur de France, le marquis de Nointel lui-même, à qui nous devons les dessins du Parthénon tel qu'il était en 1674, n'agissait guère différemment; outre son peintre Jacques Carrey et un peintre de paysage, il menait à sa suite d'autres compagnons de voyage qui n'étaient rien moins qu'artistes ; c'étaient quatre noanœuvres dont l'office consistait à détacher les bas-reliefs, à dégrossir les fragments, pour les rendre plus portatifs et en enrichir ses collections. « Quelque opinion que l'on ait, dit à ce sujet M. de Laborde, sur ce genre de procédés, il est incontestable qu'enlever les monuments, au lieu de les dessiner, était un mode d'investigation permis et avoué 2. »

Voilà donc lord Elgin, de l'aveu même d'un de ses détracteurs, en brillante et nombreuse compagnie sur ce

1. Ces marbres précieux pour la chronologie allaient devenir la propriété du célèbre Peiresc qui, lui aussi, entretenait des agents dans le levant pour y rechercher les antiquités, lorsqu'un agent du comte d'Arundel parvint à les détourner au profit de ce dernier, comme on le voit dans la Vie de Peiresc par Requier, p. 236.

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