DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE II. Î
Tart et peut-être le travail de Phidias, du plus grand sculpteur qui ait existé jamais, devaient s'y reconnaître, et les marbres d'Elgin devenaient, dès ce moment, les monuments les plus précieux qui nous restassent de l'antiquité. L'existence de statues du temps d'Adrien, telles que, par exemple, l'Antinous, fournissait un moyen de comparer le style de cette époque de l'art avec celui des nouveaux marbres. La différence dut paraître évidente, et le jugement ne pouvait être longtemps douteux. Aussi ne semble-t-il pas que l'authenticité des marbres d'Elgin comme ouvrages de l'époque de Phidias ait rencontré beaucoup d'opposition parmi les artistes appelés à déposer devant la commission d'examen. M. Payne- Knight soutint seul que quelques-unes, sinon toutes les statues du fronton, étaient du siècle d'Adrien, sans en donner d'autre raison qu'une prétendue différence de style entre plusieurs de ces figures et les sculptures qui étaient évidemment contemporaines du temple; il attribuait ces dernières, c'est-à-dire les bas-reliefs, à Ictinus et à Callicrate ou à leurs ouvriers *. M. William Wilkins émit une opinion analogue relativement aux auteurs des sculptures; il prétendait, non à tort d'ailleurs, que dans l'antiquité la profession de sculpteur avait souvent marché de pair avec celle d'architecte. Néanmoins, M. Wil-kins accordait que Phidias avait pu donner les dessins de sculptures exécutées ensuite par les architectes^. Mais Visconti, frappé de la beauté des sta-