‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 174 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE I!. Î · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE I!. Î

rant au reste de l'édifice, ne saurait être admise en preuve que ces statues sont d'une date plus récente; car, à supposer que l'observation du voyageur fût juste, les couleurs 'dont on sait maintenant que le Parthénon a été autrefois revêtu avaient pu laisser des traces qui auront trompé l'œil de Spon d'autant plus aisément qu'on ne soupçonnait même pas de son temps la polychromie des édifices grecs. Un autre argument peut être puisé contre ce système dans le silence même de Pausanias.En effet le Périégète, qui paraît avoir été contemporain d'Adrien et qui ne manque pas de nous entretenir des embellissements qu'Athènes devait à ce prince, n'aurait pu omettre un travail tel que la décoration des frontons du Parthénon, si ce travail eût été accompli de son temps et par l'ordre d'Adrien.

Pour en finir avec une opinion que rien n'autorisé et qui, du reste , n'est plus soutenue aujourd'hui par personne, je dirai qu'un homme très -compétent, M. Cockerell , l'un des heureux voyageurs à qui Ton doit la découverte des statues d'Egine et des marbres de Phigalie , a examiné de près les deux statues restées à Athènes et n'a pu y découvrir aucune différence de style avec les autres statues qui ont été transportées à Londres. Ces deux figures n'ont donc pas été intercalées entre les autres, comme l'avaient supposé Chandler et Chateaubriand, mais toutes les statues des frontons isont du même temps, et ce temps ne saurait être celui d'Adrien.

Mais un autre système a été avancé par Hirt, dans son Histoire de V architecture, et a eu pour réfutateur

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Otfried Mùller, dans un de ses mémoires sur Phidias *. D'après ce système, la décoration des frontons laissés nus par Phidias serait due, non à l'empereur Adrien, mais à l'orateur Lycurgue ; et les statues que nous admirons seraient l'oeuvre, non d'un artiste de la décadence, mais d'un des sculpteurs grecs les plus célèbres après Phidias, c'est* à- dire de Praxitèle, contemporain de Lycurgue. On sait que l'orateur Lycurgue, qui mourut la 2* année de la lli* olympiade (32â ans avant J;-C.), le plus grand, et, suivant Bœkch, le seul financier de l'antiquité, rendit à Athènes, sur* le penchant de sa décadence, une prospérité nouvelle, et qu'après avoir relevé les finances de sa patrie par la sagesse et l'habileté de son administration, il voulut, à l'exemple de Périclès, employer ses économies à des travaux publics*. Dans le système qui fait honneur à Lycurgue de l'achèvement du Parthénon, Périclès, interrompu par la guerre du Péloponèse, n'aurait pu mettre la dernière main à ce monument, et, depuis la mort de ce grand homme jusqu'au temps de Lycurgue, les malhçurs de la patrie, l'épuisement des finances, auraient maintenu son œuvre à l'état d'imperfection. H est bien vrai que plusieurs ouvrages commencés par Périclès ont été terminés par Lycurgue, mais le Parthénoji ne saurait être du nombre de ces ouvrages, et MiiHer en donne une raison trèsforte. Outre que les travaux de cet orateur financier avaient, en général, plutôt l'utilité pour but que l'embellissement, il est très-remarquable que, dans le fameux

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