‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 176 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II

et plusieurs autres, ont été à l'occasion d'habiles architectes; mais nous ne voyons pas que des honames renommés comme architectes aient été en même temps sculpteurs éminents. Si, d'ailleurs, Phidias avait fait les dessins des sculptures duParthénon, le moins qu'on puisse accorder, c'est qu'il en aurait dirigé l'exécution confiée aux artistes de son école. Pour ce qui est de l'opinion qui réduit le rôle de l'artiste ami de Périclès à une sorte d'inspection générale des beaux-arts, elle n'est d'accord ni avec l'idée que nous devons nous former de la grandeur et de T universalité du génie de Phidias, ni avec ce que j'ai dit de la prééminence de la sculpture en Grèce. S'il faut craindre de donner une interprétation trop large au passage cité de Plutarque, à l'exemple de quelques écrivains qui ont fait de Phidias, aux dépens de la gloire d'Ictinus et de son collègue Callicrate, le véritable architecte du Parthénon, il faut prendre garde aussi de rabaisser Phidias à un rôle trop peu digne de lui, comme eût été celui de surveiller des ouvriers et de donner de l'activité aux travaux.

Phidias dut se concerter avec les architectes pour mettre d'accord la décoration des monuments avec le caractère de l'architecture; il a dû faire les dessins des sculptures qui devaient marier à des lignes sévères des contours harmonieux dans une composition aussi riche que grandiose, et tout porte à croire qu'il n'a pas négligé de mettre lui-même la main à l'œuvre. Le grand rôle donné à la sculpture dans les monuments de l'antiquité grecque indique suffisamment, aussi bien que l'immense renommée de Phidias, l'importance du rôle qui dut être

le sien danë la cdristrilction du Parthéttoh et des rtiotiilmëtits contemporains élevés datts F Attique. La beauté des statues dès frbtiton* et de la friée de la cellâ du Parthéndn pi^oclàirie plus haut encore, non-seulement la grandeur du génie qui en a dispoàé l'ordbhtiance à la îok si riche et si simple^ iïiàiâ encore Texcellence dés raàinâ qui ont donné au marbte cette vie et ces cofatours divins dont rierl rt'é^àlé en sculpture la puissance et la gtâce. Nous n'avons pas, il efet vrai, la certitude, qui serait si précieuse, que le travail de t^hîdiaà est là, sous hos yeux, avec son génie et àon art, dans ces étonnants débris de Tœuvre la plus magnifique ; mais autant qu'il est possible d'y reconnaître la trace encore vive d'une main incornpai*àble^ on peut dirfe que bette main se révèle par des miracles qui ne péuVferit venir que d'elle. Ùem^ ecce dens^ dit-on, comme nâàlgré soi, en admit'ant aU Musée britariniqué lies statues du Parthénori, surtout celles du fronton oriental. Phidias a pu ée tôtttenter d'indiquer à fees fcbllaborateufs les sujets des métopes; on peut croire inême qu'il s'est borné à tracer du doigt, sur la frise de la cella, les contours que d'autres ont ehàuite sculptés sôus Ses yeux ; maïs qui donc échapperait au besoin d'adorer la trace de son ciseau dans la figure du Thé^éé^ ce chef-d'œuvre de la sculpture, et dans ces statues des Parfues^ dont les draperies, d'une souplesse pouf ainsi dire vivante, luttent de perfection avec la beauté ineffable des parties nues?

On a dit que Phidias n'était que toreuticten et statuaire, qu'il n'était pas stuhpteuf, c'est-à-dire, suivant le sens donné à ce mot par l'antiquité, qu'il n'avait pas

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