DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II
travaillé le marbre. Visconti a répondu par le nom de >.tOoupyoç donné à Phidias par Aristote , tandis qu*il appelle Polyclète «v^piavToiroi(iç ; celui-ci était statuaire^ on sait qu'il exécutait d'ordinaire ses ouvrages en bronze. Nous Savons d'ailleurs, par Pausanias et Pline, ainsi qu'on a pu le voir dans la première partie de cet ouvrage, que Phidias a fait au moins deux statues de marbre. Pour moi, je suis convaincu que Phidias n'avait négligé aucune partie de son art et qu'il en avait soumis aux lois de son génie le domaine entier. A ceux qui doutent qu'il ait travaillé lui-même aux sculptures du Parthénon je dirai : Allez à Londres, et, avant de prononcer votre jugement, hâtez -vous devons rendre au Musée britannique, et là, demandez la salle d'Elgin. « Qui n'a pas vu les marbres d'Elgin n'a rien vu, » écrivait Canova à M. Charles Rossi. Je pense comme Canova et comme Quatremère de Quincy dans les lettres qu'il a adressées de Londres à cet artiste , lettres partout remplies du plus vif enthousiasme. Que celui qui sera digne d'admirer ces chefs-d'œuvre dise ensuite s'il est juste d'attribuer à un artiste souverain ces créations d'une beauté suprême et de reconnaître dans les formes les plus admirables que l'art ait jamais données au corps humain les traces évidentes de la plus divine main qui ait tenu dans aucun temps le ciseau de la sculpture?
Quand les anciens se trouvaient en présence d'une statue qui leur semblait de tout point admirable, sans 'trop raisonner de son origine, ils s'écriaient qu'elle était de Phidias, comme si ce nom était pour eux celui même
de la perfection en sculpture. Imitons les anciens et ne craignons pas d'attribuer au maître d'Athènes les ouvrages les plus parfaits qu'il ait été donné à nos siècles modernes de contempler.