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LES STATUES DU FRONTON ORIENTAL

Personne n'ignore plus aujourd'hui que les Grecs étaient dans l'usage d'orner de statues les frontons de leurs temples. Cette place dut être la première qui reçut des sculptures lorsqu'on commença d'en mettre à l'extérieur des édifices. « Le tympan, dit un critique, ce mur « uni qui cachait l'intérieur de la toiture, n'était pas « susceptible d'ornements architectoniques ; mais, en « revanche, il offrait au sculpteur, au-dessus de la cor- « niche, une base étendue, profonde de plusieurs pieds Cl suivant la grandeur de l'édifice, et un espace triangu- « laire bien encadré par la corniche du fronton : cette « circonscription dans une place éminente invitait, pour « ainsi dire, à y déployer toutes les ressources de la i( sculpture^. »

Le nombre des statues qui ornaient les frontons était calculé sur celui des colonnes de la façade, d'après des principes que M. Cockerell a mis en lumière dans sa description des marbres anciens du Musée britannique 2.

i. GuiU. Schlegel, Œuvres françaises, t. II, p. 9. 2. Description of the Collection of ancient marbles in the Briiish Museum/pdLTt. vi, Londres, 1830.

Au Parthénon, (jui était un temple octastyle, il était de vingt à vingt-cinq figures par chaque fronton*. On avait eu soin d'établir une symétrie entre les groupes de statues et les dispositions de l'architecture, comme il était nécessaire dans un édifice qui devait tirer tout son effet de l'harmonie* Ce point réglé, la plus grande variété avait été apportée dans la distribution et l'exécution des figures, de façon à faire tiaître, tion une régtiUrité froide, mais une harmonie vivante. Rien n'avait été négligé peut- produire le plus bel effet à l'oeil du spectateur. On verra au sujet des figures du frotitôn oriental comment leur attitude avait été clalculée en vue de la distance et du point d'oh elles devaient être l^egardées. Sans aucun doute l'artiste èivait ausâi tenu conlpte des jeux de la lumière, afin que chaque heure du joUr amenât autant que possible pour les statues une distribution favorable des lumières et des ombres. Ces considérations étaient dans le génîê de l'art grec qui, saïis cesse préoccupé de l'harmonie, ne laissait rien au hasard de ce qui pouvait contribuer à la faire naître. Afin de donner plus d'importance aux priilcipales figurés de chaque composition, le sculpteur avait mis à pi'ofit la forme triangulaire du cadre pour grandir au-dessus des autres les figures qui occupaient le centre du tympan. Les figures latérales allaient en diminuant de proportion en même temps que d'importance à mesure qu'elles s^ éloignaient du centre et se rapprochaient des angles. L'attention était ainsi

1. Il était de onze à qûinie <lans le temple hexastyle d^OÎ5^iiipic et dans le temple également hexastyle d'où ont été tirés les marbres d'Égine.

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