DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III
èippelée sur les principaux acteurs de la scène repréfeeritée, sans que cette licence habile eût rien de choquant pour l'œil. Le mélange de figures nues avec des figures drapées, les difl*érences d'âge et de sexe, l'association des animaux Ô Thommig étaient autant d'éléments de variété qui ne laissaient point déplace à la froideur et à la monotonie.
Un dernier élément de variété, un moyen d'effet dont Texpérience ne nous a pas appris à comprendre le charme, était emprunté à la couleur. Les rênes des chetaux, les casques et les diverses pièces d*armures, la lance de Minerve, le trident de Neptune, une foule d'accessoires étaient en métal. Les yeux de quelques statues étaient animés par l'éclat de pierres précieuses enchâssées dans les orbites. Afin de faire mieux ressortir la beauté des formes deë statues et la richesse de leurs ornements, une teinte rouge avait été donnée au mur des tympans^. Les parties blanches et les parties colorées se détachaient avec une égale douceur sur ce mur ;si propre à les faire valoir. Il est probable que la peinture n'avait été appliquée qu'aux vêtements et qu'on avait laissé aux parties nues la teinte naturelle du marbre, isuivant un système analogue à celui qui était pratiqué dans la statuaire chryséléphantine. Il n'est pas douteux, à mon sens, que te mélange habile de teintes modérées, rehaussées à certains points de nuances plus vives, n'ait dû contribuer à l'effet produit par ces sculptures. La peinture, en prêtant ainsi à la sculpture quelques-unes
i. Le mur des tympans est peint en rouge dans la restauration de M. Paccard. M. Beulé croit que la couleur en é^ait bleue.
des ressources dont elle dispose, avait ajouté la richesse à la beauté et revêtu d'une apparence de vie les contours les plus purs. On peut être certain que le génie grec, dans cette imitation de la vie, s'était arrêté au point où le goût se fût trouvé offensé par une recherche puérile. Qui sait, d'ailleurs, si, à la hauteur où ces statues étaient placées, quelcpies couleurs n'étaient pas nécessaires pour en faire distinguer d'en bas les détails et empêcher leur beauté de se perdre en s'effaçant dans une pâleur générale? Comme en d'autres occasions, le génie de l'art grec avait peut-être tiré d'une convenance impérieuse une ressource imprévue. Quoi qu'il en soit, les reflets doux du bronze doré mêlés aux tons chauds du marbre coloré par le soleil de l'Attique et aux teintes choisies, sobrement distribués par une délicate main d'artiste, devaient produire un effet d'ensemble à la fois brillant et grave. C'était comme un épanouissement végétal au sommet de l'édifice, au milieu duquel, couronnant les colonnes, les chapiteaux et les corniches, apparaissait la souveraine beauté dé la forme humaine.
On sait aujourd'hui que l'entrée du Parthénon était tournée, non vers l'occident où se trouve l'entrée de l'Acropole, comme l'avaient cru Spon et Wheler, mais vers l'orient, suivant la coutume observée dans l'antiquité. Le fronton antérieur, c'est-à-dire le fronton oriental, représentait, c'est Pausanias qui nous l'apprend, la naissance de Minerve*. Un petit nombre des statues qui ornaient ce fronton est parvenu jusqu'à nous.