‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 180 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III. Î · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III. Î

Toute la partie centrale de la composition a disparu ; et, comme cette disparition est antérieure aux explorations des voyageurs dans TAcropole, il en résulte qu'aucun dessin ne remplit le vide qu'elle a laissé. Nous en sommes donc réduits aux conjectures pour nous faire une idée de l'ensemble de la scène en lui restituant ses acteurs principaux. Douze statues ou fragments dans le Musée britannique*, quelques menus débris à Athènes, une ligne d'indication dans Pausanias, voilà tout ce qui reste d'une œuvre dont la conception appartient sans aucun doute à Phidias et dans l'exécution de laquelle on a cru deviner sa main. Le reste a péri, et la critique est réduite à édifier des hypothèses sur des débris énigmatiques.

On accuse les chrétiens de la destruction des marbres qui manquent. Cette accusation est d'autant plus vraisemblable qu'une fenêtre, pratiquée dans le fronton à l'endroit même d'où les statues ont été précipitées, doit avoir été faite à l'époque où le Parthénon fut changé en église. Les maçons chargés d'opérer ce changement, ayant jugé utile de placer le chevet de leur église à l'ancien pronaos, firent cette ouverture qu'ils remplirent ensuite de pierres transparentes, destinées à laisser passer dans le sanctuaire une lumière douce et colorée 2. Le nombre des statues dont il ne reste pas même lui débris devait être de huit à dix. Les marbres qu'on voit à Londres ont été jetés bas par l'explosion de 1687;

2. Voyez dans Pline ce qu'il dit de cette espèce de marbre transparent, NaL Hist., XXXVI, 46.

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lord Elgin n'a eu qu'à les ramasser sur le sol où ils gisaient. Quelques fragments sont demeurés à leur ancienne place.

Les marbres qui nous restent ne fournissent aucune indication sur l^. manière dont le sculpteur avait conçu la représentation de son sujet. On voit seulement par les figures du Jour et de la Nuit (ou plutôt du Soleil et de )a Lune), placées aux deux angles du fronton, que le mond^ entier avait été représenté symboliquement dans l'ensemble de la composition. Quelques-uns des spectateurs de la scène à laquelle Phidias avait donné la ten-e et le ciel pour témoins ont été conservés ; mais les acteurs principaux n'existent plus, pas même en débris. On a cherché à se faire une idée de la création de PhidiaS:p d'après les monuments antiques encore subsistants où la naissance de Minerve est représentée^; mais la conception de ces ouvrages, biisn qu'elle émane du génie . antique, ne convient ni à l'époque des statuas du Partliénon, ni. à la place qu'elles ont occupée, ni même quelquefois au travail de la sculpture. Une idée plus simple et plus heureuse à la fois est celle qui a fait chercher dans un hymne d'Homère les traita caractérisa

1. Quatremère a pris pour base de la restitution le célèbre miroir étrusque du musée de Bologne, où Jupiter apparaît soutenu par Vénus, tandis que Diane-Lucine aide à sorUr de la tête du dieu ia petite Minerve. Monuments antiques restitués^ p. 49. — M. Lenormant a cherché sur les vases peints le souvenir ou même la reproduction de la composition de Phidias. Élite des monuments céramographiques^ t. I, p. 212. — M. Cockerell, à qui Ton doit, comme à Quatremère, une restitution dessinée, s'est inspiré d'une description de PhilosUrate. .(Voyez Touvrage 4e €ockereil et le tableau xxviii du livre II dans Philostrate Tancien, etc.)

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