‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 185 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III. S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III. S

A la droite de l'Iris et à la gauche de la Victoire étaient deux groupes, chacun de trois figures , dont Londres possède les marbres mutilés, et que le dessin de Carrey nous montre à leur ancienne place. On se rappelle qu'Homère, dans son tableau de la naissance de Minerve, nous fait voir la Terre et la Mer émues par l'événement qui ébranlait l'Olympe même. Si je ne me trompe, ce sont les effets de cette puissance de Minerve sur les régions inférieures du monde que l'artiste avait figurés dans les deux parties latérales. Décomposant en quelque sorte les idées du potëte, il avait représenté, d'un côté, un groupe de divinités telluriques; de l'autre, un groupe de divinités marines. Ainsi, pour moi, le prétendu Thésée ou Hercule est un Bacchus. Ce qu'on a pris pour une peau de lion est la nébride sur laquelle il est couché. Bacchus, le dieu de la vigne, a sa place naturelle parmi les divinités telluriques. Il a pour voisines Cérès et sa fille Proserpine , comme lui divinités agricoles et avec lesquelles on le trouve allié dans des traditions mystérieuses^. Les deux figures auxquelles on a donné les noms, qui leur sont conservés ici, des déesses éleusiniennes, sont placées entre Iris, qui leur fait entendre la nouvelle céleste , nouvelle joyeuse pour ces divinités bienfaisantes, et Bacchus. Celui-ci est tourné vers l'angle

de la composition imaginée par Phidias, qui expriment l'idée de mouvement. Leur rôle n'était pas moins important au point de vue de la symétrie artistique que sous le rapport de la signification symbolique de Tœuvre.

i. Sur les rapports des cultes de Gérés et de Bacchus et sur leur association dans les mystères^ voyez M. Alfred Maury, Histoire des religions de la Grèce antiqiie, t. 11, p. 361 et suiv.

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du fronton ou le lfilsd*Hypérion, le Soieil, parafi sortir, livrée son ch3.r, du sein des vagues, comme pour exprimer la relation eqtre les rayons de Fastre et k fruit généreux qui mûrit sous leur influence.

D« l'autre côté, c'est la Victoire, qoi, comme cm Ta YU, est chargée d'annoncer qu'une déesse auguste vient de naître. Elle fait entendre la nouvelle aux divinités ma^ rines ; car ce sont, à mon avis, des divinités de la mer qu'il faut voir dans ce groupe célèbre des trois femmes auxquelles on adonné mal à propos les noms des Parques. Les traces de colliers et de bracelets qu'on a trouvées sur ces figures ^ ne conviennent nullement à des divinités d'un caractère sévère, telles qu'étaient les terribles déesses; mais la diversité de beauté qu'on remarque dans ces trois femmes peut trè^^bien convenir aux différents états de la mer mobile et capricieuse. Les formes puissantes et gracieuses de la figure séparée, laquelle se trouvait la plus rapprochée du centre du fronton, les plis largement ondoyante que forme la tunique entre ses genoux, semblent indiquer la déesse de la Méditerranée, celle qu'Homère appelle la gémissante Àmphitrite. Comme épouse de Neptune et la plus grande des Néréides, elle devait être la première instruite de Tavénement d'une divinité qui menaçait peutr-être son empire.

Dans les deux déesses dont l'une est couchée dans les bras de l'autre, on pourrait reconnaître Thalassa, la figure allégorique de la mer, berçant Aphrodite sur ses genoux. Je préfère cependant voir dans la figure assise

1. «The necks and wpists exbibit traces of ornaments. » (The Elgin marbles in the Britisk museuniy by sir H. EUis, t. II, p. 14)

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