‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 190 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III

a ne considérer que le personnage en Iui*mème, la jeunesse de ses formes., moins massires et moins musculaires que dans l'Hercule, leur grâce virile, ne conviennent à aucun dieu mieux qu'au fils de Sémélé.

Une ou deux marques de boulets sont visibles sur cette statue^ et la jambe droite paraît avoir été anciennenaent raccommodée. On y observa des trous qui prouvent que des sandales de métal ont dû y âtre attachées^.

A côté de Bacchus j'ai déjà signalé les deux déesses auxquelles Yisconti a donné les noms, qui doivent, je crois, leur demeurer, de Cérès et de Proserpine. Ces deux figures sont représentées asi^'ses sur des sièges de forme cubique recouverts de tapis plusieurs fois repliés. La tête et les mains leur manquent, sauf un fragment de main à Proserpine; ces parties n'existaient plus déjà du temps de Garrey. Le reste est dans un assez bon état de conservation* Les deux femmes, la mère et la fille, sont unies par un rapprochement plein de tendresse. Proserpine appuie son bras sur l'épaule de Gérés avec une familiarité charmante. Gérés paraît avoir tourné la tête vers elle, en lui montrant de la main la scène qui se passait sur l'Olympe et dont Iris venait de faire entendre la nouvelle.

La vérité, la beauté sont- poussées au plus haut point dans ces statues colossales d*une proportion parfaite; il est impossible d'unir dans une œuvre d'art plus de dignité à plus d'abandon, plus de grâce à plus de majesté. Les draperies sont d'une souplesse et d'une finesse

1. Elgin marbles, by sir H. Ellîs, t. II. p. 8. — Le Bacchus porto, dans le catalogue du Musée britannique, le numéro 93.

exquises; elles glissent autour des corps avec un jeu si libre, si naturel et si varié, qu'elles semblent appartenir à la vie dont elles recouvrent d'un tissu léger les formes puissantes et harmonieuses ^.

On reconnaît Iris , et Visconti Ta le premier reconnue, au manteau qui flotte et s'enfle au-dessus de ses épaules. Le mouvement de cette figure indique une marche rapide; il a quelque chose de violent qui contraste avec le calme des figures qui précèdent. Si l'on regarde cette statue par le côté, on voit la jambe et la cuisse gauches sortir nues du vêtement entr'ouvert par la précipitation de la course. Les draperies forment des plis simples et rudes qui, de même que les plis des vêtements des déesses éleusiniennes, ont leur caractère et leur expression ; ils trahissent les habitudes plus vulgaires et la vie agitée d'une divinité subalterne. Au demeurant, cette figure est d'une tournure très-hardie et très-belle. La tête et les bras sont perdus ^.

La Victoire ailée ne figure pas dans le dessin de Carrey; mais le torse, qui seul nous reste, a été retrouvé, comme je l'ai dit, sur le plan inférieur du fronton. Une expression non équivoque de mouvement et les trous qui ont dû recevoir les ailes aujourd'hui brisées ^ ont fait reconnaître et nommer cette figure. La tunique, du tissu le plus fin, est serrée autour de la taille par une cein-

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