‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 200 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE IV

qui y était représentée , et ensuite d'établir un ordre logique entre les nombreux personnages de cette grande scène. En cela je suivais l'exemple donné par Otfried MûUer dans son explication du fronton occidental , de celui même qui me reste à décrire. Ici je n'ai guère qu'à suivre respectueusement le maître, déjà suivi par M. Beulé, dont l'autorité est venue ainsi se joindre à celle de l'illustre archéologue de Gœttingue *.

On savait par Pausanias ^ que le sujet du fronton postérieur était la dispute de Minerve avec Neptune au sujet de l'Attique. La manière dont cette dispute fameuse est ordinairement racontée ne saurait, il faut l'avouer, convenir à la représentation que nous offre le dessin de Carrey. Mais n'oublions pas qu'il y avait à Athènes plusieurs traditions concernant la victoire par laquelle Minerve prit possession définitive du sol sur lequel elle devait régner. Ces traditions, qui présentaient la même idée sous plusieurs formes différentes, ne nous sont pas toutes connues. Phidias a dû choisir, parmi les fables qui avaient cours, celle qui se prêtait le mieux au déploiement de son art. Au besoin il a pu en imaginer une nouvelle. De même que les poëtes, les artistes grecs avaient à l'endroit des traditions religieuses et nationales une liberté limitée seulement par la nécessité de faire comprendre et adopter leurs inventions aux imaginations populaires, si vives d'ailleurs et si subtiles.

1. Voyez le mémoire de Mûller intitulé : De signis olim in postico Parlhefwnis fastigio positis commentaiio, dans le De Phidiœ vita et operibus^ Gœttingue, 1827.

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