‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 202 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV

ijestiné à être regardé de près offrait de véritables difficultés si Ton tenait compte de la distance à laquelle le fronton devait être du public.

L'explication donnée par Otfried Muller, bien qu'elle ait son point de départ dans la tradition relative au che*val, diffère néanmoins de cette tradition telle qu'elle nous est connue. En revanche, elle est à la fois si conforme à la représentation du fronton dans le dessin de Carrey et à l'esprit de la mythologie grecque, à cette époque où les mythes primitifs commençaient à être interprétés philosophiquement, qu'on ne peut hésiter à l'adopter, quand bien même elle n'a qu'un texte obscur pour base historique. Examinons d^abord la composition de l'artiste grec dans l'esquisse de son traducteur champenois.

Les deux figures principales qui occupent le centre du fronton sont évidemment Neptune et Minerve, Ces deux statues étaient placées de telle sorte qu'une ligne verticale tirée au milieu du fronton aurait passé entre les deux têtes. Mais Minerve ne regardait pas du côté de son antagoniste, coïîime elle eût dû le faire si la création de l'olivier avait été le sujet de la compositioUt Placée entre Neptune et un groupe de deux chevaux qui se trouve à la droite, c'est vers ces animaux que la déesse se tourne en étendant le bras, tandis que Neptune debout, les jambes écartées, fait également du bras un geste véhément dans la même direction. Les chevaux sont attelés à un char conduit par une femme, dans laquelle on reconnaît la Victoire Aptère. Une figure d'homme placée en arrière du char a reçu d'Otfried MûUer le

nom d'Erichthonius. 11 est évident, d'après les gestes et les attitudes des personnages, que le centre de l'action est dans le char et dans son attelage. L'explication donnée par O. Mûller est basée sur l'action des personnages et sur un passage d'un commentateur d'^lius, Aristide, qui semble la décrire et en placer le théâtre précisément au fronton postérieur du temple de Minerve*. Dans ce système, Neptune vient de faire sortir du sein de la terre, ouverte d'un coup de son trident, deux chevaux fougueux. Bien que la statue du dieu de la mer fût déjà très-mutilée en 1674 ; bien que le trident, qui sans doute était en bronze, et le bras qui le portait eussent disparu, la pose de Neptune indique assez bien, dans le dessin de Carrey, le moment où, après avoir retiré de terre son trident, le dieu se rejette en arrière, vaincu par la vue d'un prodige encore plus grand que celui qu'il a opéré. En effet, ces chevaux frémissants, sauvages, nés pour attester sa puissance, Minerve les a soumis au frein, et c'est elle qui vient, en présence même de Neptune, de les atteler au char conduit par Erichthonius et par la Victoire. Neptune, ^confondu, n'a plus qu'à cédera sa dvale le territoire qu'il lui disputait et qu'elle vient de conquérir par un triomphe si manifeste. Minerve, en effet, passait pour avoir enseigné aux

1. Voici ce passage avec les réflexions d'O. Mûller : naps^pov t^

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his si unum ^t^pairrat minus accurate dictum statuis, caetera omnia nostris signis egregie conveniunt. Sunt enim ea in acropoli, sunt in postico Parthenonis fastigio, ô.Ttaw ttî; 0mO, atque virum, dea ipsa adjuvante, currum ducentem in conspectu ponunt.

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