Pausan., IX
Zi. Voy. le résumé de cette discussion dans Y Histoire de Grèce de Connop Thirlwall, t. I, ch. ni. — Ce premier volume a été traduit en français par M. A. Jeanne, sous le titre ^Histoire des origines de la Grèce ancienne^ Paris, 1862.
comme des faits historiques, la sculpture grecque n'en resterait pas moins la pure fille du génie hell(5nique. Il n'est pas besoin d'avoir comparé longtemps l'art égy|>tien avec Tart grec pour être convaincu qu'ils procèdent d'un esprit tout différent et qu'il n'existe entre les ouvrages du premier et ceux du second aucun rapport de style. Toutes les statues égyptiennes se ressemblent, sinon par les traits, au moins par l'expression et l'attitude, comme si tous les esprits égyptiens avaient été, -en naissant, jetés dans le même moule. Au contraire, l'art grec s'offre à nous dans une variété infinie. C'est que l'art des Égyptiens est, on l'a vu, social et traditionnel, celui des Grecs, au contraire, individuel et libre. Le premier, roide et imposant, doit rester à jamais le captif du sanctuaire, empêché par sa dignité comme le pontife luimême. L'autre, fier de la liberté conquise au nom de la philosophie et de la poésie, va joyeusement s'emparer de son domaine *.
Les plus anciennes écoles de sculpture en Grèce paraissent avoir été à Lindes, à Cnosse, à Samos, à Argos, à Sicyone? à Égine, à Athènes. L'Attique et la Crète se disputent le nom de Dédale, qu'on retrouve également en Italie et en Sicile, et qu'il faut regarder, non comme un nom d'homme, mais comme l'appellation générique
1. Wilkinson, qui pense que les Grecs ont pu emprunter à rÉgypte quelques-unes des formes de leur architecture, parle de la sculpture des Égyptiens comme d'un art immobile : « A god in the latest te^npie was of the same form as when represented on monuments of the earliest date; and king Menés would hâve recognised Araun, or Osirls, in a Ptolemaic or a Roman sanctuary » {Ancient Egyptians).
d'une grande école primitive*. En opposition avec ce nom célèbre apparaît, dès l'origine, celui de Smilis, lequel semble emprunté d'un instrument de sculpture (<ï(/.tXyi, ciseau), et caractérise l'école d'Égine^. Les plus anciennes statues paraissent avoir été des statues de bois ou Çoava ^. L'argile fut aussi employée de bonne heure, et les potiers de TAttique en formaient des figures destinées au culte domestique et aux tombeaux : on fit même à Athènes des bas-reliefs en terre ^. L'invention de la plastique a été généralement attribuée à Dibutade de Sicyone ^. Quant aux statues de métal, elles furent d'abord formées de pièces travaillées au marteau et réunies par des clous : tel était le Jupiter de Learchus de Rhégiuna, dans Tacropole de Sparte ^. L'invention de la fonte en forme est attribuée à Rhœcus et à. Théodore, tous deux nés dans l'île de Samos ^, et celle de la soudure de fer
1. G. MûUer, Manuel d' archéologie ^ % 70. Pausanias nous apprend qu'on donnait le nom de dédales (Aai^aXa) à toutes les statues de bois (IX, 3).
2. Mûller. Ihid, « Le nom desTelchines est encore plus mythique et plus obscur. » C'était une ancienne corporation de forgeronsstatuaires, à qui la croyance populaire attribuait des actes magiques. Voy. Alfred Maury [Histoire des religions de la Grèce antique^ t. I, p. 200 et suiv.).
3. Voy., sur les statues de bois, 0. Mûller [Man, d'arch.^ $ 68), et sur leur habillement, Quatremère de Quincy {Jupiter Olympien, p. 8 et suiv.).
û. Man. d'arch.^ % 72.