Ibid
figures coupées à mi-corps. Les têtes qui sont à Paris et qui proviennent de ce fronton n'offrent rien qu'on puisse dire calculé en vue de la perspective ; mais leur beauté appartient à la tradition la plus pure de l'art hellénique ^.
En attribuant à Phidias le fronton oriental, M. Beulé ne pense pas cependant qu'il ait lui-même mis la main aux statues; mais il croit qu'Agoracrite, le disciple le plus cher et le plus soumis de Phidias, a pu les exécuter d'après ses dessins et sous sa direction immédiate. Sans doute il n'est pas nécessaire, pour qu'une œuvre de sculpture soit réputée d'un maître, qu'il en ait lui-même sculpté toutes les parties, et Phidias a pu abandonner à ses élèves, à Agoracrite si l'on veut, la plus grande part du travail; mais on a de la peine à renoncer à retrouver la main du maître lui-même dans ces figures du Bacchus et des divinités marines auxquelles rien n'est comparable dans l'art de la sculpture. Quant à Alcamène, plus indépendant du maître qu'Agoracrite, il a pu traiter avec une certaine liberté le sujet donné par Phidias et ne se conformer, qu'autant qu'il était nécessaire, au plan général de décoration de l'édifice. L'exécution du fronton occidental doit sans doute lui appartenir tout entière, si l'on admet que ce fronton soit de lui ; car il n'est nulle part question, pour lui, comme pour Agoracrite 2, d'une communauté de travaux avec le msRtre. J'ai dit jusqu'à quel point de perfection cette exécution était portée dans la statue de l'Ilissus ; c'est un prodige de douceur et de finesse qui