Cours d'archéologie ; — i4crop. d'Ath., II
U lâf ade principale, et particulièrement par la<leu;uème en comptant par la ^auche^ a fait reconodXtre k M« Beulé que 1q3 sujets représentés sur cette façade devaient êtr@ tirés de la léf eade de Minerve et de celle de ses héros favoris. Ce n'est là, il est vrait qu'une conjecture, mais très-vraisemblable, et la figure de Minerve daas une attitude guerrière, dietincte eacore $ur la douzième njétope, aemble lui donner quelque autorité^,
Les métopes du nord sont encore plus indéchiffrables. On n'y voit en particulier aucune trace du combat des Ama^nes que quelques*uns ont cru y avoir été figuré. En revanche, si l'on ajoute foi aux dessins du Fonds Behringen dont j'ai parlé 2, comme ce» dessins ne se rapportent ni aux métopes du côté méridional qui sont connues, ni à ce qu'on entrevoit des métopes de l'est et de l'ouest, ij faut bien admettre qu'ils représentent de3 métopes du côté septentrional. Or, le sujet de ces dessins, comme d'une partie des sculptures qu'on voyait au côté méridional, c'est la lutte des Centaure^ et d&s LapUheSj, cette même lutte que les artistes d' Athènes avaient sculptée sur la frise du temple de Thé$ée et qu' Alcamèae devait figurer plus tard sur l'un des frontons du temple d'Olympie: sujet presque aus$i national pour les Athéniens que le combat des Ama:^nes, car lesLapithes avaient Thésée
' 1. Voyez ce qui est dit dans V Acropole d'Athènes, t. II, p. 115. Le colonel Leake a donné en détail les sujets dont il a cru voir la représentation sur cette façade. {Topographe ofAlhêns, 1. 1, p. 5â^ 2* édit., Loudon, 1841.)
2. Ces dessins se trouvent au Cabinet des estampes à Paris, sous l'étiquette Antiquités de la ville de Rome, n°' 804 à 808. lis ont été signalés par Brondsted et par M- Beulé.
DEUXIÈME PARTI!* — CHAPITRE V. dm
h leur tâte p^uf combaitre et vainere les Centaures, el il y avait fnéaie une ancienne tradition athénienae qui naôiait des Aibéniens avec les Tbessaiieas dans ces san<^ glantes noces de Pirithoûs^*
a Sur la façade pccidentale, dit l'auteur da VÀ4irop0ie H d'Athènes, les sculptures paraissent inspirées, non plus < par la fable, niais par rhistoire« C'est une eérie d'en-» « gagements entre des guerriers à pied, et, aiternative-r « ment, entre un piéton et un cavalier. Le piéton est il toujours renversé sous le ventre du cheval qui eo « cabre, comme s'il n'y avait pas de place dans (e cadre « de la métope pour le mettre debout et lui donner le a développement qu'exige une lutte. Cette monotonie « générale était sans doute rachetée par la variété des « poses et des <létails; nous ne pouvons plus en juger. Il «i Berait mânie difficile de déterminer quels sont les enci nemis que les Athéniens combattent si Ton ne savait « à l'avancçque ce ne peuvent être que des Perses 2. Y « a^tr-il, en effet, à Athènes, pour l'art, la poésie, i'élo- (c quenoe, d'autres triomphes que Mai*athon et Salamine? tt Quatre siècles après, ies Athéniens ne faisaient-ils pas (( «uir ce sujet de magnifiques discours à Sylta pendant a que ses soldats pillaient leur ville? »
« Il faut bien remarquer, ajoute M. Beulé, combien la « première métope à droite rappelle un groupe de la
1. Voyez ïsocrate, Éloge df Hélène, iZ, — Vîscontî faît remarquer qu« les j^éros des méitopes porte&t le cpstatme athénien,
2. The long dress of the vanquished pedestrian in n* 1, and his shield in n<» 5, are barbarie and apparentiy oriental. (Leatie, Topography of Athens^ 1. 1, p. 5/i6.)
« frise du temple de la Victoire. Le Perse agenouillé, a qu'un Athénien saisit par la tête, a non-seulement le a même mouvement^ mais le même costume^. » Cette opinion, tirée du livre sur TAcropole d'Athènes, a été reproduite par l'auteur avec un peu plus de développement dans son cours oral d'archéologie. Elle paraît trèsvraisemblable. Il peut sembler étrange au premier abord qu'un sujet historique ait été ainsi représenté sur la frise du Parthénon à côté de sujets mythiques. N'oublions pas toutefois que, pour la majorité du peuple .athénien, les exploits de Thésée n'avaient guère moins d'authenticité que ceux de Miltiade, et que l'orgueil national s'enflait également des uns et des autres. La fable et l'histoire se mêlent dans les traditions de la Grèce antique. Thésée lui-même n'avait-il pas combattu à Marathon à la tête des Atliéniens, et n'était-ce pas une des raisons du culte qu'on lui rendait à Athènes 2?
J'arrive aux métopes du côté du sud. Une partie a été détruite, ou peut-être elle est ensevelie dans les décombres d'où l'on peut espérer de la voir sortir un jour. De ces métopes neuf représentaient des sujets divers qui nous sont connus par les dessins de Carrey ; elles occupaient le milieu de la muraille à l'endroit où une brèche s'est ouverte lors de l'explosion de 1687 ; les autres, comme les métopes de Londres et celles de Paris, avaient pour sujets des combats de Centaures. On peut voir dans l'ouvrage de Brôndsted les explications détaillées des neuf métopes où ne règne pas la centauromachie. Les
i. Acrop. d'Alh,, t. II, p. 118.