‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 230 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE V · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE V

verses, et, en général, moins habiles que celles auxquelles sont dues les autres sculptures* Il est probable que la différence observée entre ces métopes serait encore plus tranchée si Ton en avait devant les yeux la série complète. Qu'on se représente les conditions dans lesquelles Phidias, novateur en sculpture, chargé par la politique de Périclès d'immenses travaux, dut entreprendre, avec un nombreux concours d'artistes, la construction des édifices auxquels il présida, particulièrement du Parthénon, etl'on aura peut-être l'explication, tant du style particulier des métopes que des inégalités qu'on y remarque. Phidias, dans l'entreprise d'une grande œuvre nationale, ne pouvait laisser tout à fait à l'écart des artistes en renom, ses prédécesseurs et ses maîtres. De là résultait la nécessité de leur abandonner une partie du nouveau temple de Minerve pour la décorer à leur manière de sujets qui leur étaient familiers. Si l'on admet avec plusieurs archéologues que les métopes du Parthénon sont l'œuvre de plusieurs artistes de l'ancienne école attique à qui ont été joints des élèves de Phidias, on comprendra comment celui-ci , forcé d'employer des sculpteurs de l'ancienne école, a dû leur confier cette partie élevée de l'édifice où l'archaïsme de leur manière, la saillie des reliefs, les mouvements violents des figures sculptées, devaient le moins nuire à l'effet général ou même devaient faire beauté dans l'ensemble. Il était naturel de leur abandonner l'entablement, cette partie des édifices qui dut être une des premières décorées de figures, et où les sujets qu'ils étaient dans l'habitude de traiter étaient en possession de s'étaler aux yeux du peuple.

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On oe peut aujourd'hui* d'après 1^ dessms exécutés par Carrey dans la manière de Lebrun, se faire une idée des métopes qui représentaient des sujets ayant report au culte de Cérès et à la civilisation naissante de TAU tique; mais je me persuade volontiers que ces sujets furent de ceux que Phidias réserva de préférence pour les artistes de son école. L'intercalation de sujets religieux et pacifiques au milieu de scènes de combat et à& meurtre devait être une innovation du génie de Phidias inspiré par celui de Périclès. C'était sans doute aux jeunes artistes formés sous la discipline de Phidias qu'on devait l'image de Gérés enseignant à Triptolème l'art d'ensemencer la terre, celle de Pandore tenant en main la boîte ouverte, les figures d'Érechthée, d'une prêtresse, des filles de Cécrops saisies du vertige funeste, ou ces scènes mystérieuses, dont l'énigme n'est pas devinée, oii des figures sacrées apparaissaient dans des attitudes solennelles. Toutefois ces sujets pouvaient avoir été indiqués par Phidias aux artistes de l'ancienne école, à» même que plusieurs des tableaux qui faisaient partie de la centauromachie ou qui appartenaient à l'histoire héroïque de Thésée ou d'Hercule, ainsi qu'à la lutte des Grecs contre les Perses, pouvaient être l'ouvrage d'artistes de la nouvelle école» La métope qui représentait Pandore et sa curiosité fatale paraît avoir dû être d'une grande beauté; la figure de Pandore éclate de grâce libre et fière; celle d'Épiméthée, qui recule épouvanté à la vue des lamx que l'imprudence d^ la première femme vient de répandre sur le monde» ae distingue par la vérité et la bardi^s^e du «louveaieot, J^ dwx Alliez d»

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