DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE V
Cécrops courant se précipiter du haut de l'Acropole, tandis que Pandrose, leur sœur, placée au second plan, détourne les yeux de ce suicide inspiré par la colère de Minerve, semblent indiquer un pas vers une manière nouvelle de traiter le relief, marqué par la différence des plans et par une disposition moins symétrique que dans les métopes qui représentent des Centaures, progrès dû sans doute à l'influence de Phidias. Les métopes qui représentent des prétresses accomplissant des rites sacrés paraissent aussi accuser une manière plus libre et plus aisée que celle de la plupart des autres métopes, particulièrenient celle où deux prêtresses sont occupées à habiller une statue de style ancien ^.
Les métopes servaient de transition non-seulement pour les yeux, mais encore pour l'esprit, entre les compositions des frontons et le sujet représenté sur la frise de la cella. 11 me reste à parler de cette frise afin de pourvoir apprécier l'ensemble de ce poëme grandiose que le génie de Phidias avait déroulé en pages de marbre suf les murs du temple de Minerve, épopée de la sculpture où les luttes primitives de la civilisation et de la barbarie, du génie grec et du génie asiatique, étaient retracées pour la gloire éternelle du peuple grec et des Athéniens en particulier, et aboutissaient, pour conclusion, au culte solennel de la divinité d'Athènes, aux pompes de son épiphanîe.
i. Voyez les métopes l/i, 18, 19 et 21 de Brôpstedt. Suivant Lawrence, quelques-unes des métopes sont égales en beauté à la frise. {Report from the sélect committee, etc., p. 38).