‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 26 sur 289 · Études sur le Péloponèse, p · texte numérisé non relu

Études sur le Péloponèse, p

3. Pausan., III 10; Hérodote, I, 69. V. la restitution de ce trône dans le Jup, Olymp. de Quatremère de Quincy, p. 196 et sulv. — Pour répoque de Bathyclès, de Doryclidas, etc., voy. ces noms dans le Catalogue de Sillig.

A. Je place l'âge florissant de Ganachus entre la 65' et la 73" olympiade, ainsi que Font fait, à quelque différence près, Muller [Mon. rf'arcA., $83, rem.), Émeric David [Classem, chronoL dessculpt, gr,^ dans le recueil de mémoires publié chez Charpentier sous le titre ^''Histoire de la sculpture antique, p. 30 et suiv.), Sillig {Catal.

forcée du passage de Pline où il est question des statues iconiques'^, que les artistes chargés d'exécuter ces statues des athlètes trois fois couronnés avaient l'habitude, pour obtenir une ressemblance plus exacte, de recourir au moulage. Ce qui est certain, c*est que la liberté laissée à l'art, dans ces reproductions de la nature où il n'était plus gêné par des traditions religieuses, dut tourner au profit dîune imitation plus fidèle des formes de la vie : de là peut-être les expressions figurées de Pline. Quoi qu'il en soit, ces statues-portraits furent pour la sculpture une cause de progrès rapides. La figure du cheval, souvent associée dans ces monuments de victoire à celle de l'homme, servit encore d'occasion à un nouveau développement. Pendant l'époque qui précède les guerres persiques, on voit ces sortes de monuments se multiplic-r et occuper les maîtres les plus renommés, principalement dans l'école d'Argos et dans celle d'Égine. Agéladas, le plus grand nom de l'école d'Argos avant Polyclète, dont il fut le maître, fit plusieurs chars ; Glau- Cias, Synnoon,Ptolichus, Sarambus, statuaires éginètes, coulèrent en bronze des images d'athlètes. Onatas luimême, natif aussi d'Égine, le plus illustre et le plus grand dçs statuaires de cette école, et qui, comme Phi-

artific, p. 186). Il y a eu évidemment deux Canachus, dont le second, également de Sicyone, fut élève de Polyclète, ainsi que nous l'apprend Pausanias (VI, 13). Ce Canachus II florissait vers la 95* olymp. (Pline, XXXlV, 19). M. Hippolyte Fortoul (Hist. de l'art d'après les marbres d'Égine) a confondu les deux Canachus. — Voy., sur Gallon d'Égine^ \q Catalogue de Sillig, p. 130; Émeric David, loc, cit., p. 28.

1. Eorum vero qui ter ibl superaverant, ex membris ipsorum similitudine expressa, quas iconicas vocant. [Nat. Hist. XXXIV, 9.)

INTRODUCTION. 5f

dias, réservait d'ordinaire ses talents pour la représentation des dieux et des héros, fit cependant pour Dinomène, fils d'Hiéron, un char de bronze, en collaboration avec Galamis*.

La 75" olympiade (480-477 avant J.-C.) est déjà une grande époque pour la sculpture. C'est l'ère florissante de l'école d'Égine, qui grandit au milieu des guerres persiques. Tout porte à croire que les célèbres statues d'Égine, qui sont le principal ornement de la glyplothèque de Munich, furent sculptées vers ce temps 2. Les contemporains de ces maîtres d'Égine furent, à Athènes, Hégias, Critios et Nésiotès. Le premier fut peut-être un des maîtres de Phidias, comme je le dirai plus loin. Il ne reste des deux autres que leurs noms dans le texte altéré de Pline et sur des piédestaux vides, retrouvés

1. Onatas, fils de Micon, était auteur d'un grand nombre d'ouvrages de sculpture (Pausan., V, 25] . 0. Millier le place {Man.,%SS) entre la 78* et la 83* olympiade. Comp. Sillig, Catalogue, p. 306. — Voy. sur les artistes de Técole d'Égine le livre d'O. Mûller, ^gineticorum liber (Berolini, 1817), p. 97 et suiv., et le Mémoire sur Vile d'Égine, de M. Edmond About (Paris 185Zi), p. Zk et suiv.

2. Les statues d'Égine, achetées par le prince royal de Bavière, au prix de 150,000 francs, ont été découvertes en 1811 par MM. le baron Haller de Hallerstein, Cockerell, Forster et Linkh, dans les ruines d'un temple sur une colline de l'île d'Égine. Ces statues, en marbre de Paros, ont été restaurées à Rome par Thorwaldsen. On en trouve une reproduction dans Clarac, Musée de scidpture antique et moderne, pi. 815 et suiv. Sur l'époque à laquelle il convient de rapporter ces statues, voy. /€gineticorum liber, d'O. Mûller, p. 108 et 109. M. Cockerell a publié récemment en Angleterre, sur le temple de Jupiter Panhellénieri à Égîne et sur le temple d'ApoI- Ion à Phigalie, ainsi que sur les marbres à la découverte desquels il a pris part dans les ruines de ces deux temples, un ouvrage que je n'ai pu lire encore, et qui doit être des plus intéressants.

parmi les ruines de l'Acropole ^. Calamis appartient aussi à cette époque. On ignore s'il était Athénien de naissance, mais il est certain qu'il passa à Athènes une grande partie de sa vie, et qu'il y exerça son art avec un grand applaudissement. Calamis n*était pas célèbre seulement par le feu dont il savait animer ses figures de chevaux 2 ; mais, bien que son style ne fût pas exempt de sécheresse^, on vante néanmoins la grâce de ses statues de femmes. Lucien, ce juge difficile, fait l'éloge de la Sosandre ^ de cet artiste, qu'il place au nombre des plus belles statues, pour la grâce décente de son costume et pour la modestie de son sourire. Le célèbre Pythagore de

1. C'est à ces inscriptions qu'on doit de connaître les véritables noms de ces artistes, estropiés par les copistes. Le nom de Critios se trouve changé dans le texte de Pline en celui de Critios (XXXIV, 19) ; au lieu de Nésiotès, on lit Nestoclès dans les anciennes éditions de cet écrivain. La critique avait élevé des doutes sur l'existence même de ce dernier artiste, avant la découverte de l'inscription qui donne son nom. Voy., sur Critios et Nésiotès, le Catalogue de Sillig, au mot Critias ; Raoul Rochette, Lettre à M. Schom, p. 262, et M. Beulé, Acropole d'Athènes^ t. I, p. 285, 286. — Raoul Rochette pense que Nésiotès a pu être élève de Critios.

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