‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 268 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. ~ CHAPITRE VIII. 3ô · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ~ CHAPITRE VIII. 3ô

Si tout l'art de Polyclète n'a rien pu créer de plus beau que le Bacchus du fronton oriental du Parthénon, les divinités marines du même fronton nous offrent à leur tour des modèles accomplis d'une grâce que Praxitèle lui-même n'a sans doute pas surpassée. Les seuls témoignages des anciens suffiraient pour réfuter le système qui refuse à Phidias l'honneur d'avoir connu cette divine Xaptç des Grecs ; mais les statues du Parthénon le réfutent encore bien mieux. Il suffit de s'arrêter un moment devant ce groupe des deux femmes dont l'une repose avec tant d'abandon dans les bras de l'autre : n'est-ce pas là ce que Winckelmann lui-même appelle la grâce, et dont il parle si excellemment? « Elle se forme dans l'air, dit-il, <( réside dans les gestes, et se manifeste dans l'action et « le mouvement du corps; elle se montre même dans la « parure et jusque dans le jet de l'habillement. » Ainsi que l'a fait remarquer Otfried Mùller, il ne s'agit plus ici, comme dans les ouvrages des artistes plus anciens, d'une beauté apprêtée; une certaine négligence témoigne du changement qui s'était opéré dans les mœurs publiques, où le goût des mesquines élégances, se trouvait remplacé par le culte généreux du beau et de l'honnête. Les vêtements de nos divinités marines sont empreints de cette belle négligence. Phidias garde les plis droits, égaux, symétriques, affectionnés par les anciens sculpteurs, pour la représentation des cérémonies sacrées, où ils étaient de règle ; mais, partout où il lui est permis de s'abandonner à son génie, il ne cherche que la vérité de la nature et la beauté qui en provient*. En fait de draperies, il est

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