‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 269 sur 289 · De Phid, vit. et op., p · texte numérisé non relu

De Phid, vit. et op., p

douteux que l*art d'aucun sculpteur ait produit jamais rien de plus délicat, de plus gracieux^ que celles qui couvrent ces prétendues Parques. Rien d'affecté dans leur disposition, rien qui vise à l'effet ; mais une vérité, une souplesse qui semblent faire participer ces vêtements à la vie des corps et donner à ces formes si belles et si grandes plus de grandeur encore et de beauté * !

Un défaut que les artistes postérieurs à Phidias n'ont pas toujours évité, c'est celui qui consiste à exagérer la nature dans certaines parties, afin de faire valoir la science et l'habileté qui sont les résultats communs du perfectionnement général de l'art, et d'exciter par ce moyen Tétonnement et l'admiration. Phidias unit à un art souverain une souveraine simplicité. La grâce qu'on admire dans ses ouvrages est celle qui naît d'une force tranquille, laquelle n'éprouve aucun besoin de se produire, mais se repose sur elle-même dans une sorte de satiété. Les dieux de Phidias unissent la sérénité à la majesté et à la puis-

sance

Quelle est donc la grâce qui manque à Phidias et que Praxitèle aurait su donner à ses figures? Si l'on en croit Winckelmann, il y a deux Grâces comme deux Vénus. La première Grâce, fille de l'Harmonie, ressemble à la Vénus céleste. La seconde est fille du Temps et la suivante de l'autre, Phidias n'aurait connu que la première, la grâce sévère , celle que Minerve répand sur Ulysse dans VOdyssée *. C'était elle qui brillait dans le Jupiter.

Page 1