‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 271 sur 289 · Hisl, de Vart, loc, cit · texte numérisé non relu

Hisl, de Vart, loc, cit

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de Praxitèle, comparée à celle de Phidias, est un effet du même ordre naturel de variation et de décadence qui fit succéder au mode dorien la musique lydienne et phrygienne, et la tragédie d'Euripide à celle de Sophocle.

En résumé, Phidias eut la grâce qui sied en sculpture; il eut aussi la gravité et la sérénité qui convenaient à son art et aux mœurs du siècle de Périclès. J'ai dit mon opinion sur la sculpture dramatique. Je pense qu'elle ne fut point un progrès de l'art réservé au terme de sa longue et florissante carrière, mais une exception qui dut se produire surtout aux époques de la décadence. Le siècle de Périclès ne nous en offre qu'un exemple, celui du blessé mourant représenté par Crésilas, et cette exception avait sans doute été imposée à l'artiste par celui qui avait commandé la statue*. Le portrait que fait Plutarque de Périclès à la tribune, dans lequel il peint « la sévérité de ses traits oii le sourire ne parut jamais, la tranquillité de sa démarche, le ton de sa voix toujours soutenu et égal, la simplicité de son port, de son geste, de son habillement, que rien n'altérait pendant qu'il parlait, quelques passions qui l'agitassent; » ce portrait nous montre bien quel était, à cette époque,' l'idéal auquel devait tendre à se conformer quiconque prétendait à l'admiration et au respect. Cette gravité et cette sérénité imposées à l'orateur et à l'homme d'État, qui avaient fait donner à Périclès le surnom d^Olympien^ devaient être, à plus forte

1. Cette statue était probablement celle du général athénien Diitréphès, élevée dans l'Acropole par son fils. Voy. Rangabé, Anii" quiles helléniques, Athènes, 1842, t. T, p. 34. Comp. Pausan., I, 23, et Pline, XXXIV, 19.

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