‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 28 sur 289 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ESSOR DU GÉNIE ATHÉNIEN APRÈS LES GUERRES PERSIQUE5. PREMIERS TRAVAUX DE PHIDIAS.

On ignore l'époque précise de la naissance de Phidias ; mais on peut la fixer approximativement d'après la date connue de Tun de ses ouvrages les plus célèbres. Nous savons, en effet, par Philochore *, que la dédicace de la Minerve d'Athènes eut lieu pendant la 85* olympiade. Cette circonstance et une autre qui se rapporte à la même statue ont servi de point de départ aux biographes pour déterminer l'époque à laquelle, d'après les conjectures les plus probables, il convenait de placer la naissance de Phidias. Si l'on ajoute foi à une anecdote souvent rapportée, Phidias, qui n'avait pu obtenir de ses compatriotes l'autorisation de graver son nom sur la statue de la déesse,

i. Cité dans les scolies sur Aristophane {Paix, 605, p. 189 de rédition Didot, Paris 18/1|2). Voy. 0. Muller {de Phid. vit., p. 22), sur une correctioa à faire au texte du scoliaste.

usa de stratagème pour se mettre en possession de l'honneur qu'on lui dérobait et auquel il estimait avoir droit; il plaça, dit-on, son portrait dans les bas-reliefs du bouclier, de façon que ce portrait ne put être enlevé sans entraîner la destruction de la statue. Or, il s'était représenté sous la figure d'un vieillard chauve. Émeric David prétend qu'il faut entendre par ces mots un homme de 58 à 60 ans, et fixe, en conséquence, la naissance de Phidias à la 3' ou à la 4* année de la 70* olympiade^. Une autre circonstance, relative au Jupiter Olympien, a fait rajeunir Phidias de quelques années par un autre biographe. Suivant Otfried Mûller, Phidias pouvait être chauve dès 50 ans, mais il ne devait pas être sexagénaire lorsqu'il se prit pour le beau Pantarcès d'une passion insensée dont le veitige le porta à graver le nom de cet adolescent sur le doigt même du Jupiter Olympien auquel il travaillait: un tel amour à un âge aussi avancé aurait, selon Mûller, fortement choqué le sens délicat des Grecs, qui ne comprenaient les passions que dans les limites de certaines convenances soigneusement respectées par eux. Le Jupiter Olympien étant, comme tout le démontre, postérieur à la Minerve Parthénos, il résulte des calculs de Mûller que, si l'on ne veut prétendre que Phidias le sculptait à 70 ans, il faudra placer la naissance, de Phidias dans la 73*" olympiade, de 488 à

1 . Émeric David, dans la Vie de Phidias (Biographie universelle eV Vies des artistes anciens et modernes, Paris 1853, p. 6), et aussi dans les Mémoires sur les progrès de la sculpture grecque, ouvrage inachevé, imprimé avec d'autres dissertations sous le titre d7/*stoire de la sculpture antique, Paris, 1853, p. 78.

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