PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I
484 avant J.-C, c'est-à-dire dix ou douze ans plus tard que ne l'a fait Émeric David *.
Ces arguments, tirés d'une chute de cheveux plus ou moins précoce ou tardive, ou du plus ou moins d'inconvenance d'une passion sénile dans l'opinion des contemporains de Phidias, pourront ne pas paraître décisifs à tout le monde. Heureusement, pour ce qui concerne le Jupiter et l'âge auquel Phidias peut l'avoir exécuté, une différence de quelque dizaine d'années ne saurait tirer à conséquence, puisqu'il s'agit ici d'un de ces hommes en qui des facultés extraordinaires, entretenues par une incessante activité, ont pu prolonger jusqu'à une vieillesse avancée l'énergie de la création intellectuelle et du travail 2. Toutefois, il paraît naturel de préférer la date de Mûller ; et l'on ne saurait, en tout cas^ remonter au delà de celle qu'a proposée Émeric David. Vouloir avec Heyne^ et Quatremère de Quincy* que Phidias ait fleuri dès la 75' olympiade, c'est s'exposer, sans raison suffisante, comme on le verra plus loin, à des difficultés chronologiques dont le système d'Otfried Mùller a l'avantage de nous débarrasser.
Athènes, cette Grèce de la Grèce 5, devait être la patrie
1. 0. MûHer, de Phid. vit, ei oper. comment»^ p. 37. Sillig est d'accord avec Mûller pour fixer la date de la naissance de Phidias à la 73* olympiade. Voy. Catal. artif., p. 341.
2. On se rappellera que Michel-Ange peignait le Jugement dernier entre cinquante>huit et soixante-sept ans ; et ce ne fut pas le dernier de ses grands travaux.
3. Artium mter Grœcos temporal dans les Opmcula madeniica^ t. V, p. 367.
h. Jupiter Olympien, p. 252.