‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 282 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VIII. 3S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VIII. 3S

passait pour plus habile que Polyclète lui-même dans la science des proportions*. Cet artiste célèbre, qui, bien que né dans TAttique, se rattache par le caractère de son talent aux écoles doriennes ( MûUer a remarqué qu'il était presque Béotien) 2, fit un grand nombre de statues d'athlètes. Il se plut également à la reproduction de la nature animale. Il eut Tart d'y faire sentir la vie ; mais, habile à animer les corps, il ne chercha jamais, dans la représentation de la nature humaine, à saisir la vie morale *.

Polyclète était statuaire et toreuticien ; il fit la célèbre Junon d'Argo$ ; mais on a vu qu'il était moins habile à reproduire les dieux que les hommes. Bien qu'il fût excellent architecte, et qu'il eût élevé le théâtre d'Épidaure, que Pausanias^ appelle un chef-d'«uvre d'élégance, il ne paraît pas avoir accompli de grand ouvrage de sculpture monumentale, à moins qu'on ne lui veuille attribuer les sculptures du temple de Junon Argienne, dont Pausanias ne nous dit rien, sinon qu'elles étaient avr-dessus des colonnes et représentaient la naissance de Jupiter, une gigantomachie, la guerre de Troie et la ruine de cette ville ^. En revanche il excellait dans les statues isolées ou dans les groupes de deux figures représentant

1. Numerosior in arte quam Polycletus, in symmetriadîllgentior. ( Pline, XXXIV, 19 .)

2. Le bourg d'Éleuthère, où naquit Myron, était, en effet, trèsvoisin de la Béotie.

3. Ipse tamen corporum tenus curiosus, animi sensum non cxplevisse (videtur). (NaL hisL, XXXI V, 19. )

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