PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I
Périclès pour les monuments dont il ne décora pas seul sa patrie^. Ce fut Cimon qui planta les ombrages de l'Académie que devait détruire Sy Ha, qui bâtit le portique appelé Pœcile,etqui jeta, probablement vers la 4* année de la 11* olympiade, les fondements du temple de Thésée, ce frère aîné du Parthénon, à la décoration duquel Phidias a peu t-^tre travaillé. Mais l'homme à qui Athènes a dû le plus de ce qui a fait et fera toujours la gloire de son nom, le plus Athénien des Athéniens, c'est toujours Périclès. Il commença de bonne heure à révéler ses desseins pour Tembellissement de la ville, en même temps qu'il luttait d'influence avec Cimon pour le gouvernement du peuple. Ce fut, à ce qu'on croit, à son instigation, que les Samiens, Tun des peuples alliés et tributaires d'Athènes, firent comme d'eux-mêmes la proposition de transporter à Athènes le trésor de Délos, sous prétexte de le mettre ainsi plus en sûreté contre les Barbares. Cette translation, dont la date est placée avec peu de certitude à la k^ année de la 79* olympiade (/i6i ans avant J.-C.) , est un fait important dans l'histoire de l'art. Périclès, qui parait alors sur la scène et qui médite déjà les projets qu'il accomplira plus tard, en commence ainsi l'exécution par amener sous sa main l'argent nécessaire. On a souvent reproché à ce grand homme l'usage qu'il fit, au profit d'Athènes seule, de l'argent des alliés, destiné à l'utilité commune. Au fond, il était juste cependant que les Athéniens, qui avaient sacrifié leur ville en se retirant sur leurs vaisseaux pour obéir à l'oracle et pour sauver la
i. Acropole d'Athènes, t. I, p. 33.
Grèce, lors de la seconde invasion des Barbares, fussent indemnisés de ce sacrifice, et il ne faut pas non plus oublier que ces tributs des alliés étaient le résultat d'un pacte conclu entre eux et les Athéniens, pacte dont la condition pour^ ceux-ci était la protection des villes tributaires. Cette condition remplie, les Athéniens pouvaient se regarder comme ayant le droit d'employer à tel usage que bon leur semblait les sommes dont oh payait leur courage et leurs soins pour la défense commune. En exigeant ensuite par la force ces contributions d'abord volontaires, ils n'ont fait que ce que font plus ou moins tous les gouvernements, souvent avec moins de justice et de raison. Ne faut-il pas bien, d'ailleurs, pardonner quelque chose, fût-ce même un peu d'abus de pouvoir, à cette république d'Athènes, qui, après avoir défendu si héroïquement à Marathon et à Salamine, non-seulement la Grèce et la liberté, mais l'Europe tout entière et sa civilisation future, la philosophie et les arts, a employé les loisirs éQ la paix et Targent que la guerre ne réclamait plus à' l'érection du Parthénon et des Propylées?
Une autre occasion où Périclès se révéla du vivant de Cimon, ce fut lorsqu'il fit décréter par le peuple, vers la deuxième année de la 80® olympiade, cette ambassade fameuse par laquelle les Athéniens proposaient aux autres peuples de la Grèce la reconstruction à frais communs de tous les sanctuaires détruits et souillés par les Barbares. Il y avait sans doute autant d'ostentation que de véritable piété dans la pensée qui inspira ce décret à Périclès et aux Athéniens. Cependant Athènes donna l'exemple de la réédification avec un zèle extraordinaire. Le court espace