‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 47 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. --* CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. --* CHAPITRE I

On sait que Phidias avait consacré son art à la repré* sentatîon des divinités et qu'il descendait rarement à reproduire les hommes, comme si les seuls immortels étaient dignes d'un talent sublime. On ne cite guère de statues de personnages humains faites par Phidias que celle de Pantarcès, cet adolescent pour lequel il avait une passion à la grecque, à moins qu'on ne veuille ranger dans la même catégorie les deux statues drapées (signa palliata) dont parle Pline sans s*expliquer autrement sur elles *. Mais de toutes les divinités auxquelles il consacra son ciseau aucune ne l'occupa si souvent que celle à qui il semble avoir voué un culte spécial, je veux parler de la déesse de l'acropole , de la patronne des Athéniens, de Pallas Athénée. Avant déparier des statues qu'il fit en son honneur, disons un mot de la divinité qui respirait dans ces simulacres.

Digne elle était de l'hommage des Athéniens et du culte solennel qu'ils lui consacraient sur l'acropole , la vierge divine dont l'œil toujours ouvert veillait, du haut du Parthénon, sur sa ville et sur son peuple. Après Jupiter, le dieu du ciel et de la terre, auquel la Grèce entière avait consacré un culte national, aucune divinité n'occupe dans l'antique Olympe une plus haute place que Minerve, la déesse des Athéniens :

Proximos illi tamen occupavit PaUas honores '.

Sortie tout armée du cerveau de Jupiter, comme le

i. Ces statues se voyaient à Rome dans le temple de la Fortune, où elles avaient été apportées par Catulus. (Plin., Nat, Hist., XXXIV, 19.) 2. Horace, liv. I, ode 12.

soleil se lève avec tous ses rayons, suivant la comparaison poétique d'iElius Aristide ^, MinerVe ou Pallas était comme la personnification de la pensée divine, Ténergie de Jupiter» On a beaucoup discuté sur l'origine de son culte. Les uns Tont fait venir d'Egypte, d'accord avec Hérodote; c'est l'opinion de Creuzer^. D'autres lui attribuent une origine purement grecque. Cet avis est celui d'O. Millier, qui traduit le double nom de Pallas Athénée par la Vierge athénienne *. Mais qu'importent ces obscures questions d'origine lorsqu'il s'agit des divinités comme lorsqu'il s'agit des arts de la Grèce? Gréée ou transformée par le génie grec, Minerve n'en demeure ni plus ni moins sa propriété par le caractère qu'il a su lui donner. Entre la femme guerrière de Libye, revêtue de sa peau de chèvre peinte en rouge, qui pousse son cri de combat sur les bords du lac Triton, et la vierge de l'acropole, la distance est immense. « Toutes les vertus, toutes « les perfections qui s'attachent à l'idée de l'intelligence « suprême, dit très-bien M. Maury ^, servent à composer « le personnage de la déesse ; elle ne représente pas seu- « lement, comme vierge, la chasteté; elle est encore in- « voquée comme l'intelligence qui invente, crée et con- « serve, comme la prudence qui dicte les décisions et les « arrêts, comme la force, comme le courage qui naît du

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