PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I
« sentiment de la force, comme la vertu guerrière qu'en- « fan te le courage. »
Sans doute, à l'époque où Phidia3 sculptait la Minerve Parthénos, le mythe de Minerve n'avait pas encore toute la signification que lui donnèrent peu à peu les écrits des poètes et des mythographes.^Mais dans Télaboration de ce mythe, qui devait aboutir à un symbolisme purement intellectuel, le travail de Phidias marque une phase trèsavancée et apporte à son tour un progrès. Comme le remarque très-justement M. Maury *, après la création de Phidias, toute trace d'une divinité de la nature disparaît de la figure de Minerve ; mais je ne puis croire que la déesise du Parthénon ne fût autrechose, dans la conception de Phidias et dans l'esprit des contemporains de Péridès, qu'une déesse guerrière, la personnilScation armée de la défense de la ville. Ce caractère est, en particulier, celui de l'Athénée Promachos, de ce colosse d'airain fait en souvenir de la victoire de Marathon, dont la lance élevée dépassait le rempart de la citadelle, comme pour annoncer au loin la protection dont elle couvrait la cité ; mais autre était assurément le caractère de la divinité qui se dérobait aux regards dans le sanctuaire. C'était aussi la protectrice d'Athènes ; mais c'était la déesse de la civilisation, des arts et de la paix, de l'industrie florissante, de la législation, de tout ce qui caractérise le génie athénien à cette époque de son développement. Tous les attributs d'une providence spirituelle sont là personnifiés. Ce qui distingue cette époque, c'est le caractère politique