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Hist, des religions de la Grèce antique, t. î, p. Zi

8i PHIDIAS.

et national de cette providence. Athènes, debout dans sa gloire , entière dans sa prospérité , adore dans Minerve son propre génie guerrier et civilisateur, et fait honorer par la Grèce entière la divinité de TAttique. En même temps Phidias donne une forme à cette idée de providence d'une ville, et il élève au-dessus de l'acropole le signe resplendissant de la gloire et de la grandeur de son peuple. Plus tard, l'idée se généralise, à mesure qu'Athènes tombe en déclin ; elle se raffine en spiritualisme et gagne en élévation religieuse ce qu'elle perd en importance politique. Phidias vint donc saisir l'idée de Minerve au moment où elle se prêtait le mieux à une réalisation par l'art, il la porta par son génie au plus haut point d'élévation où elle pouvait atteindre sans devenir une pure abstraction, et il créa de cette manière le type sacré que d'autres artistes n'ont fait que varier après lui , offrant, dans ses statues de la déesse , aux adorations du peuple, ce que les. Athéniens estimaient Idi. véritable image de Minerve. L'idée qu'il devait réaliser était complète au moment où il lui donna la vie de l'art, bien qu'elle dût subir encore une transformation par la philosophie.

Chacun des grands sculpteurs grecs fixe ainsi à son tour le type d'une ou de deux divinités d'après l'image formée dans l'imagination populaire excitée par les créations des poètes. Les plus élevés d'entre les dieux, ceux dont le caractère est le plus purement éthique, sont les premiers dont la sculpture arrête les traits ; et, par une singulière coïncidence, ce sont les plus grands artistes qui donnent aux plus belles idées leur forme définitive et

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