‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 51 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE I

divin, Scopas entraînait la sculpture dans le cycle de Bacchus et des divinités marines et commençait à chercher dans un genre de séduction étrangère à l'art , je veux parler de l'expression voluptueuse, le succès que ses prédécesseurs n'avaient voulu demander qu'à la beauté pure. Avec Praxitèle * l'art fait un pas de plus dans celte voie ; Vénus, non la Vénus cosmique, mais la déesse des passions amoureuses, est la divinité de ce maître de l'art sensuel et délicat; elle s'élance nue de ses mains sur les autels de Cnide, tandis que Gupidon va orner de ses grâces adolescentes le boudoir de Phryné. Un pas encore, et nous arrivons avec Lysippe^, artiste contemporain de Praxitèle et son rival , comme Polyclète l'était de Phidias, à l'apothéose de la matière dans l'Hercule de ce sculpteur , dont on croit que celui de Glycon est une copie. Nous voilà certes bien loin de Jupiter et de Minerve, bien loin aussi de Phidias! Le type herculéen créé par Lysippe marque le degré inférieur de cette échelle dont je parlais tout à l'heure. Des dieux dont la signification est la plus morale et la plus élevée, on était arrivé peu à peu à ceux qui personnifient les passions et les égarements des sens. Après avoir ainsi reproduit dans ses types caractéristiques l'Olympe tout entier, depuis le trône de Jupiter jusqu'au lit de Vénus , l'art se repose au

i. Pline (XXXIV, 19, etXXXVI, U) ; Sillig (p. 379 et suiv.);0. MûHer (S 128); Émeric David {loc, cit., p. 56). Entre la 10/j* et la 110* olympiade. On croit reconnaître la Vénus de Cnide dans une statue du musée du Capitole (Clarac, pi. 621, fig. 138^), et dans une autre statue de la glyptothèque de Munich, où elle porte le n^ 135i (Claracpl. 618, fig. 1377).

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