PREMIÈRE PARTIR. — CHAPITRE II
colonnes d'angle. En outre, les deux portiques avaient chacun six colonnes. Une partie de ces colonnes du Parthénon est encore debout dans sa solidité majestueuse; la barbarie des hommes a renversé les autres contre lesquelles le temps seul eût été impuissant. On sait également que la cella ou naos, c'est-à-dire la partie fermée du temple, était divisée en deux salles d'inégale grandeur, dont la plus grande , qui s'ouvrait à l'orient, était le Parthénon proprement dit, la chambre virginale, et l'autre l'opisthodome ou trésor des Athéniens. Il y avait dans le Parthénon une colonnade intérieure, composée de vingt et une colonnes et de deux piliers d'angle, et trèsprobablement une galerie régnant au-dessus des colonnes comme à Olympie *. L'édifice entier s'étendait sur un espace de ôS'^.OO de long sur 30*". 47 de large; son élévation, en y comprenant le fronton, était de 17".93. Chacun des deux portiques était fermé par une grille régnant entre les colonnes et derrière laquelle venait sans doute s'étaler une partie des trésors offerts à la déesse par la piété des peuples. Les temples grecs différaient autant des nôtres par le caractère que par la destination ; il ne faut leur demander ni les dimensions de nos cathédrales, ni cette élévation qui semble vouloir porter jusqu'au ciel la pensée de l'homme aveô
i. Acrop. d'Alh.j t. II, p. 34, 35. M. Paccard, tout en admettant deux étages de colonnes, n'admet point de plancher pour le second étage. Il est vrai qu'on n'a pas trouvé trace d'escalier. Les colonnes intérieures étaient de l'ordre dorique comme toute l'architecture du Parthénon, sauf peut-être les colonnes de l'opisthodome, qui paraissent avoir été de l'ordre ionique.
les voûtes de Téglise et avec les flèches qui s'en élancent. Ces temples n'étaient pas faits pour la foule qui ne s'y prosternait pas devant un Dieu invisible, infini, dans la maison de prière; ils étaient l'habitation d'une divinité qui s'offrait elle-même dans sa statue aux yeux de ses fidèles et le musée des présents que la dévotion ou l'ostentation apportaient en tribut aux pieds de l'idole* Dans ces édifices , la place occupée dans nos églises par l'autel était remplie par le piédestal , au-dessus duquel s'élevait la divinité du temple ; les prêtres, serviteurs de la statue, pénétraient seuls dans le sanctuaire ; le peuple assistait du dehors aux sacrifices qui avaient lieu devant le temple ou sous les portiques ^. De là l'étroitesse relative des temples de l'ancienne Grèce , et sans doute, par tradition, des églises chrétiennes de la Grèce moderne*. De là, dans les anciens sanctuaires, la simplicité des dis^ positions intérieures appropriée au but qu'on s'était proposé en les élevant et leur décoration joyeuse et brillante, parce qu'une divinité amie du beau et se plaisant aux magnificences était censée y faire sa demeure. A certains jours solennels, les portes d'airain s'ouvraient et laissaient apercevoir, par la foule prosternée aux abords ^du temple, la divinité elle-même rayonnant du milieu des pompes de son sanctuaire et respirant , du haut de
1. On trouve des autels en avant des temples à Pœstum, à Pompéi. Une peinture de Pompéi, le Sacrifice à Isis^ représente une foule rangée des deux côtés de l'autel extérieur ; les prêtres descendent les degrés du temple, et la divinité dans le fond du sanctuaire. {Antiquités d'Herculanum, Paris, 180/i, t II, pi. 31.)
2. Woods, Letters of on architect., vol. lï, p. 270 ; Daniel Rainée, Manuel de l'histoire générale de l'architecture^ t. n, p. 83.