‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 64 sur 289 · Hittorf, ouvrage cité, introduction · texte numérisé non relu

Hittorf, ouvrage cité, introduction

essayons de relever par la pensée , au milieu des magnificences disparues du temple en ruines, l'œuvre détruite de Phidias. La place occupée autrefois par le piédestal est marquée par un pavement de tuf qui tranche sur les dalles de marbre dont est formé le sol du temple *. Cette pierre poreuse servait à maintenir au-dessous de la statue l'humidité nécessaire à la conservation de l'ivoire. Ce pavement, de forme rectangulaire, mesuré par M. Beulé, a donné six mètres cinquante centimètres de long sur deux mètres cinquante centimètres de large ; le piédestal a dû dépasser le tuf de soixante-quinze centimètres, comme l'indique la trace , constatée également par M. Beulé , des crampons qui ont servi au scellement. Le piédestal devait avoir, suivant le calcul de Quatremère de Quincy, de huit à dix pieds d'élévation ; la statue qui le surmontait en avait trente-sept 2. L'or, l'ivoire, les pierres précieuses, toutes les matières les plus riches et les plus belles, toutes les ressources de l'art le plus compliqué et le plus merveilleux avaient été employés , prodigués , pour produire une de ces constellations dont parle Quatremère, devant lesquelles s'éclipsent les simples étoiles dans le ciel de l'art. On a dit que, Phidias ayant proposé aux Athéniens de remplacer l'ivoire par du marbre pentélique , les Athéniens s'étaient récriés contre cette proposition qui sentait la lésinerie*. La dépense

Page 1