PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE II
leur approchait de celle de Tivoire. Sans doute il s'est laissé égarer par Tépithète de y^auxôinç si souvent donnée à Minerve par les poètes et qu'on a traduite en latin par cœruleis oculis ^. Mais cette épithète même est extrêmement vague, et le mot glauque, appliqué à la mer dorée par les rayons du soleil ou aux régions lumineuses de Tatmosphère signifie des teintes changeantes où l'on peut retrouver aussi bien le jaune que le bleu ou le vert. Les philosophes grecs, et d'après eux les poètes appelaient aussi la lune glaucopis^. Comme déesse de la nature, Minerve avait le feu pour essence, et les astres empruntaient d'elle leur lumière ^. Ces teintes étranges qui constituent la couleur glauque se retrouvent dans les yeux des animaux féroces et de certains oiseaux. Parmi ceux-ci il faut mettre les chouettes au genre desquelles appartenait l'oiseau de Minerve ^. Si l'on pense que l'épithète consacrée de Minerve a pu lui venir, comme celle qu'on donnait à Junon, d'une ressemblance attribuée aux yeux de la déesse avec ceux de l'animal qui lui servait de sym-
1. Cette traduction n'était pas adoptée par tout le monde. Dans Ciceron {de Natura Deorum, I, 30), Minerve est dite avoir cœsios oculos et Neptune, immédiatement après, cœruleos octUos, ce qui indique que, dans la pensée de Técrivain, le bleu des yeux de Minerve n'était pas le même que le bleu de la mer.
2. Religions de l'antiquité^ de Greuzer et Guigniaut, t. II, 2« partie, l" sect., p. 7/i6.