‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 82 sur 289 · Plutarque, Périclès · texte numérisé non relu

Plutarque, Périclès

2. Cette histoire se trouve dans le Pseudo-Aristote {du Monde). Voy. deux allusions dans Cicéron {Orat., LXXI et Tuscvl,, I, 15). On oppose à ce récit le passage de Plutarque {PéricL, 13), où il est dit que le nom de Phidias était à la statue de la déesse. Voyez, pour Texplication de ce passage, une dissertation de M. Rossignol sur la signature des œuvres d'ari chez les anciens, {Trois dissertations, Paris, Grapelet. 1850). D'après le texte de Plutarque, tel que le comprend M. Rossignol (p. 172), c'est de la statue de Minerve qu'il s'agit, et non, comme on l'avait cru, de celle d'Hygie. Le nom de Phidias aurait donc été au bas de la statue du Parthé- Qon, comme il était au bas de celle d'Olympie. M. Rossignol pense que les Athéniens avaient interdit à Phidias d'écrire son nom, non au pied de la statue, mais sur le corps même de la déesse, comme cela se pratiquait anciennement. Suivant M. Rossignol, l'inscription était toujours permise sur le piédestal. Si le nom de Phidias était, en effet, sur le piédestal de la Minerve, que devient l'histoire du bouclier qu'on ne pouvait enlever sans détruire la statue ? Un copte d'atelier fabriqué pour expliquer la présence du portrait de Périclès et de celui de Phidias sur le bouclier.

la statue ^. Il s'agissait moins, après tout, de reproduire détail par détail la statue du Parthénon, que de donner une idée de ce que devait être, au temps de Phidias, la statuaire chryséléphantine. M. Simartn'a pas moins bien réussi à représenter la centauromachie sur les semelles de la chaussure de la déesse. Ici l'artiste avait à lutter contre l'étroitesse de l'espace où il devait resserrer ses figures. Il ne faut pas oublier que la statue de Phidias était au moins six ou sept fois plus grande que nature. Or, la chaussure tyrrhénienne que Phidias avait donnée à Minerve étant, suivant PoUux, une semelle de quatre doigts de haut, attachée avec des courroies dorées, cette semelle devait avoir, pour la statue du Parthénon, une épaisseur d'environ vingt-six doigts 2; il y avait donc sur les bords une place assez large pour des ouvrages de sculpture. Néanmoins, Pline fait un mérite à Phidias d'avoir su utiliser les plus petits espaces pour y prodiguer les beautés de son art : momenta omnia capcicia artis un fuere *. Le même éloge doit s'appliquer 4i l'artiste français qui, dans un espace bien moindre, a su donner à des figures de quelques lignes de haut le style des grandes compositions.

En revanche, le caractère de Minerve n'a pas été

1. Dans la statuette de M. Lenormant, le bouclier est placé sous la main gauche de la déesse. Il est probable que cette même main devait tenir la lance comme dans la restitution de M. de Luynes. Cette lance devait être, ou le suppose, ajoutée par l'artiste après Tachèvement de l'ouvrage, avec les autres parties en métal.

2. 15 ou 16 pouces. — Jupiter OL, p. 245; Acrop. d'Aih.^ t. II, p. 190, 191.

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